{"id":7133,"date":"2019-08-23T17:04:24","date_gmt":"2019-08-23T17:04:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cgt-hopital-manosque.fr\/?p=7133"},"modified":"2019-08-23T17:05:57","modified_gmt":"2019-08-23T17:05:57","slug":"7133","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.cgt-hopital-manosque.fr\/?p=7133","title":{"rendered":"23 ao\u00fbt 2019 &#8211; Happytal : L\u2019h\u00f4pital public se tire une balle dans le pieds !"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.cgt-hopital-manosque.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1158.-Happytal-largent-et-les-patients.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cgt-hopital-manosque.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1158.-Happytal-largent-et-les-patients.png\" alt=\"Happytal, l&#039;argent et les patients\" width=\"546\" height=\"621\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7134\" srcset=\"http:\/\/www.cgt-hopital-manosque.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1158.-Happytal-largent-et-les-patients.png 546w, http:\/\/www.cgt-hopital-manosque.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1158.-Happytal-largent-et-les-patients-264x300.png 264w\" sizes=\"(max-width: 546px) 100vw, 546px\" \/><\/a><\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> On assiste \u00e0 un \u00ab saucissonnage \u00bb de l\u2019activit\u00e9 hospitali\u00e8re au travers par exemple des H\u00f4tels Ibis qui se lancent en tant qu&rsquo;h\u00f4tels hospitaliers ou encore de l&rsquo;offensive de la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab Happytal \u00bb (offres de services pour les patients, leur proche et les personnels). <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> Pour Happytal, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 se mettre en place au sein des CHU dans un premier temps, et commencent maintenant une offensive sur les h\u00f4pitaux de taille plus modeste. <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> Ils ont une plaquette rose pour les patients et leur proche ainsi qu&rsquo;une plaquette verte pour les personnels (garde d\u2019enfants, garde d\u2019animaux, repassage, fleurs et bouquets, organisation d\u2019\u00e9v\u00e8nement, soin du corps, massage, coiffeur,  traiteur, macarons\u2026).<\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> De nombreux services rendus par les personnels d&rsquo;une structure priv\u00e9e lucrative ext\u00e9rieure. L\u2019h\u00f4pital public se tire une balle dans le pieds ! <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> <strong>Ci-joint ci-dessous l&rsquo;article du Monde du 13 ao\u00fbt 2019 intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Les vraies motivations de Happytal, service de conciergerie de luxe pour h\u00f4pitaux\u00a0\u00bb : <\/strong> <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> Cette start-up promet d\u2019\u00ab apporter de la douceur \u00bb aux patients. Mais son vrai business est l\u2019optimisation de la facturation des chambres individuelles. <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> Publi\u00e9 le 13\/08\/2019<\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> C\u2019est peu de dire que les comptoirs qui fleurissent depuis quelque temps dans le hall des h\u00f4pitaux vendent du r\u00eave. Des h\u00f4tes et h\u00f4tesses, tout sourire, proposent au futur patient d\u2019enregistrer sa demande de chambre individuelle. A celui hospitalis\u00e9 de se faire livrer des sushis, ou de r\u00e9server une coupe-brushing. En appelant Marielle ou Ang\u00e9lique, le personnel soignant peut, lui, commander du pain, d\u00e9poser son pressing, et m\u00eame s\u2019\u00e9pargner l\u2019achat des fournitures scolaires de la rentr\u00e9e. On privil\u00e9gie \u00e9videmment les commer\u00e7ants locaux, les prix sont align\u00e9s sur ceux de l\u2019ext\u00e9rieur. Du r\u00eave\u2026<br \/>\nCe service de conciergerie 5 \u00e9toiles \u00ab qui fait du bien \u00e0 tout le monde \u00bb et \u00ab apporte de la douceur \u00bb gagne aussi les maisons de retraite. Happytal, une start-up lanc\u00e9e en 2013 par deux anciens du cabinet de conseil McKinsey, en a fait sa carte de visite. Pr\u00e9sente dans une centaine d\u2019\u00e9tablissements de sant\u00e9 et une poign\u00e9e d\u2019\u00e9tablissement d\u2019h\u00e9bergement pour personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes (Ehpad), la soci\u00e9t\u00e9, qui annon\u00e7ait, il y a six mois, une lev\u00e9e de fonds de 23 millions d\u2019euros, projette d\u2019occuper 700 lieux d\u2019ici 2023.<br \/>\nChaque inauguration de comptoir s\u2019accompagne d\u2019une petite r\u00e9ception \u00e0 laquelle sont convi\u00e9s le maire de la ville, le d\u00e9put\u00e9 et les photographes locaux. Mais ce que ne dit pas la belle histoire, c\u2019est que derri\u00e8re le sourire des polos roses une autre r\u00e9alit\u00e9 se dessine : celle d\u2019un business florissant qui heurte les d\u00e9fenseurs de l\u2019h\u00f4pital public. Des t\u00e9moignages de patients, de soignants mais aussi d\u2019anciens salari\u00e9s recueillis par le Monde interrogent sur des pratiques commerciales men\u00e9es directement aupr\u00e8s de personnes fragiles. Et ce, alors que la coop\u00e9rative hospitali\u00e8re UniHA a lanc\u00e9 un nouvel appel d\u2019offres pour signer un accord-cadre avec une conciergerie. Les candidats ont jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 pour se manifester. <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> Patients d\u00e9march\u00e9s dans leur chambre<\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> Le mod\u00e8le \u00e9conomique d\u2019Happytal ne repose en r\u00e9alit\u00e9 pas tant sur la conciergerie que sur l\u2019optimisation de la facturation des chambres individuelles. En France, l\u2019Assurance-maladie ne finance la chambre particuli\u00e8re que pour raisons m\u00e9dicales. Dans les autres cas, les h\u00f4pitaux peuvent facturer les lits, \u00e0 condition que le patient en ait fait la demande par \u00e9crit. Derri\u00e8re, c\u2019est la compl\u00e9mentaire sant\u00e9 qui paie. Si le patient en a une.<br \/>\nPendant des ann\u00e9es, les \u00e9tablissements n\u2019ont pas vraiment couru apr\u00e8s cet argent : \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas la priorit\u00e9 du personnel, qui estime d\u2019ailleurs que la chambre seule fait partie des soins et revient \u00e0 tous. Mais quand Happytal a pr\u00e9sent\u00e9 aux h\u00f4pitaux les gains potentiels qu\u2019apporterait une politique active de r\u00e9cup\u00e9ration des consentements, les directions se sont peu \u00e0 peu laiss\u00e9 convaincre. D\u2019autant que la carte-cadeau (15 \u00e0 30 euros) \u00e0 valoir sur la conciergerie que la soci\u00e9t\u00e9 propose d\u2019offrir pour chaque signature rend l\u2019\u00e9tablissement attractif.<br \/>\nEvidemment, tout cela a un co\u00fbt \u2013 l\u2019h\u00f4pital paie un abonnement mensuel, et 2 \u00e0 4 euros par nuit\u00e9e facturable \u2013 mais l\u2019\u00e9tablissement s\u2019y retrouve en facturant davantage les chambres seules. C\u2019est en somme ce qu\u2019a expliqu\u00e9 la direction de l\u2019AP-HP (les h\u00f4pitaux parisiens) lorsque le sujet est revenu en commission m\u00e9dicale d\u2019\u00e9tablissement (CME), au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> Voil\u00e0 quelque temps que les repr\u00e9sentants des praticiens s\u2019interrogent sur le co\u00fbt de cette conciergerie test\u00e9e dans une dizaine d\u2019\u00e9tablissements. Selon les informations du Monde, les h\u00f4pitaux de l\u2019Est parisien (Rothschild, Tenon, Trousseau, Saint-Antoine) versent 756 000 euros par an \u00e0 Happytal mais, depuis trois ans, cela rapporte 2 millions d\u2019euros, leur a t-il \u00e9t\u00e9 r\u00e9pondu, le 9 juillet. Dans le nord, \u00e0 Bichat et Beaujon, situ\u00e9 \u00e0 Clichy, l\u2019abonnement annuel co\u00fbterait 483 000 euros, mais en moins de cinq mois le contrat aurait rapport\u00e9 243 000 euros. <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> \u00ab Il y a des personnes vuln\u00e9rables qui ne se rendent pas compte de ce qu\u2019on leur vend \u00bb <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> \u00ab Certes \u00bb, r\u00e9torque Anne Gervais, h\u00e9patologue \u00e0 Bichat et vice-pr\u00e9sidente de la CME, mais \u00ab ces pratiques posent des questions \u00e9thiques \u00bb. Les patients peuvent \u00eatre d\u00e9march\u00e9s dans leur chambre. L\u2019AP-HP et Happytal assurent que tout est cadr\u00e9 \u2013 seulement avec l\u2019accord des soignants, et pas dans les services lourds \u2013, \u00ab mais le proc\u00e9d\u00e9 n\u2019est pas clair, insiste la clinicienne. Il y a des personnes vuln\u00e9rables qui ne se rendent pas compte de ce qu\u2019on leur vend \u00bb. \u00ab Et il y a ce risque de traiter diff\u00e9remment un patient selon ce que sa mutuelle prend, ou non, en charge. \u00bb D\u2019ailleurs, les adh\u00e9rents d\u2019une compl\u00e9mentaire sant\u00e9 re\u00e7oivent la carte-cadeau, les autres, rien. Le danger que les chambres seules reviennent prioritairement aux signataires n\u2019est pas nul. \u00ab Et je ne parle pas du nouveau degr\u00e9 de privatisation \u00bb, ajoute-t-elle. <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> \u00ab Facturation abusive \u00bb<\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> La premi\u00e8re critique, le d\u00e9marchage des patients, Julie E. en a r\u00e9cemment fait les frais. Le soir du 1er juin, elle accouchait de sa deuxi\u00e8me fille, au CHR d\u2019Orl\u00e9ans. Dans la nuit, elle est install\u00e9e en chambre seule \u00ab sans avoir rien demand\u00e9 \u00bb, et lundi 3 juin elle re\u00e7oit la visite d\u2019une dame. \u00ab Elle me pr\u00e9sente Happytal. Je pense qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un service de l\u2019h\u00f4pital. Elle me demande si ma mutuelle prend la chambre en charge, j\u2019appelle ; je crois comprendre que oui. La dame me fait signer un papier en assurant que je n\u2019aurai rien \u00e0 payer \u00bb, raconte la patiente. <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> D\u00e9but juillet, la jeune m\u00e8re re\u00e7oit une facture de 200 euros (quatre nuits) que sa mutuelle refuse de rembourser. \u00ab Elle ne rembourse qu\u2019\u00e0 partir du 6e jour. \u00bb Depuis, elle d\u00e9nonce \u00ab une facturation abusive \u00bb et les conditions du recueil de sa signature : \u00ab Je viens d\u2019accoucher, je dors peu et mal, ma cicatrice est douloureuse, je ne suis donc pas en \u00e9tat de r\u00e9fl\u00e9chir correctement, \u00e9crit-elle \u00e0 la direction de l\u2019h\u00f4pital, le 11 juillet. De plus, les visites \u00e9tant interdites le matin, pourquoi est-elle autoris\u00e9e \u00e0 venir me voir ? \u00bb<br \/>\n\u00ab On allait dans les salles d\u2019attente, aux admissions. On \u00e9tait inform\u00e9s des entrants, et on allait les d\u00e9marcher dans leur chambre \u00bb une ancienne salari\u00e9e d\u2019Happytal.<br \/>\nLes concierges sont-ils int\u00e9ress\u00e9s au nombre de consentements recueillis ? Happytal n\u2019a pas r\u00e9pondu aux questions du Monde, mais une ancienne salari\u00e9e d\u00e9crit ce travail qui consistait \u00ab \u00e0 inciter fortement les patients \u00e0 signer. On allait dans les salles d\u2019attente, aux admissions. On \u00e9tait inform\u00e9s des entrants, et on allait les d\u00e9marcher dans leur chambre. On disait venir pour le suivi administratif. Si la mutuelle prenait en charge, la personne signait, recevait sa carte-cadeau, puis trois semaines plus tard, elle recevait la facture \u00bb. Lucie Corneat, infirmi\u00e8re en pneumologie \u00e0 Orl\u00e9ans, raconte aussi des personnes qui \u00ab nous interrompaient dans le couloir pour demander le num\u00e9ro de chambre d\u2019une telle ou d\u2019untel dont ils avaient \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s de l\u2019arriv\u00e9e. Maintenant, ils arrivent carr\u00e9ment avec une liste. \u00bb <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> \u00ab Un pansement sur une jambe de bois \u00bb <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> Les cons\u00e9quences de tout cela ne sont pas neutres. Les compl\u00e9mentaires sant\u00e9 ont enregistr\u00e9 une hausse des remboursements de chambres seules, mais notent aussi une augmentation du prix de la nuit\u00e9e. Happytal le sugg\u00e8re, d\u2019ailleurs, aux directions. La carte-cadeau \u00ab incluse dans le tarif de la chambre particuli\u00e8re aide \u00e0 mieux justifier le tarif de la chambre particuli\u00e8re \u00bb, indique un document de n\u00e9gociation dont le Monde a pris connaissance. Sauf qu\u2019en bout de cha\u00eene, c\u2019est le reste \u00e0 charge des patients qui augmente. Et si la carte n\u2019est pas utilis\u00e9e, le prix de la chambre ne diminue pas pour autant.<br \/>\nJean Carr\u00e9, qui a suivi le dossier pour SUD, \u00e0 Orl\u00e9ans, d\u00e9plore que \u00ab la crise financi\u00e8re des h\u00f4pitaux pousse \u00e0 opter pour ce type de solution. On vit sur la b\u00eate malade \u00bb. \u00ab Ces soci\u00e9t\u00e9s surfent sur une mission que l\u2019h\u00f4pital ne remplit plus, abonde un interne, \u00e0 Brest (Finist\u00e8re). On n\u2019investit plus dans les repas alors que la gu\u00e9rison des plus fragiles passe aussi par la nutrition. \u00bb Quant aux offres destin\u00e9es aux soignants : \u00ab R\u00e9ceptionner mes colis, aller nourrir mon chat ? Mais je n\u2019ai pas besoin d\u2019une nounou ! Je veux juste travailler moins de 60 heures par semaine. Tout cela est un pansement sur une jambe de bois.<br \/>\nLes directeurs d\u2019h\u00f4pital sont partag\u00e9s sur le sujet. Dans le nord de l\u2019Essonne, C\u00e9dric Lussiez, qui a h\u00e9rit\u00e9, \u00e0 Orsay et Longjumeau, du contrat de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, interroge toutefois le fait qu\u2019une \u00ab soci\u00e9t\u00e9 fasse des marges sur de l\u2019argent qui revient aux h\u00f4pitaux. Des agents pourraient faire ce m\u00eame travail \u00bb. <\/p>\n<p style= \"text-align: justify;\"> Emeline Cazi<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On assiste \u00e0 un \u00ab saucissonnage \u00bb de l\u2019activit\u00e9 hospitali\u00e8re au travers par exemple des H\u00f4tels Ibis qui se lancent en tant qu&rsquo;h\u00f4tels hospitaliers ou encore de l&rsquo;offensive de la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab Happytal \u00bb (offres de services pour les patients, leur proche et les personnels). 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