14 septembre 2020 – La mobilisation du 17 septembre, la crise sanitaire, BFM TV et la vraie vie

1291. Propagande médiatique

Bonjour,
Parce que rien n’a été réglé !
Parce que le compte n’y est pas au niveau des lits, des effectifs et des salaires !
Parce que nous avons besoin de moyens pour notre secteur d’activité pour répondre aux besoins !
Parce qu’on veut bien travailler, bien vivre et bien vieillir !
Le 17 septembre, toutes et tous en grève, dans la rue et dans l’action !

Pour ceux qui veulent aller plus loin, je partage une réflexion sur la situation actuelle et sur la manière dont les médias tentent de brouiller nos capacités de compréhension.

Nous vivons une époque très particulière. Une crise sanitaire majeure avec une pandémie mondiale. Un réchauffement climatique avec des risques d’extinction des espèces. La première puissance du monde avance doucement vers la guerre civile…

Nous sommes dans un monde de plus en plus incertain, fragile et hostile. Et en même temps, nous sommes dans un monde toujours plus complexe. Cette complexité comme les enjeux importants impliquent la nécessité d’avoir régulièrement du recul et de prendre le temps de comprendre les situations auxquelles nous sommes confrontées.

Et dans ce travail individuel et collectif d’analyse et de compréhension, nous ne sommes pas aidés par les principaux médias qui devraient être là pour nous donner simplement du factuel, c’est à dire les faits tels qu’ils sont, laissant à chacun la possibilité, le libre arbitre de se faire sa propre interprétation des faits. Pourtant, on ne nous donne pas les faits. Ils sont dans l’interprétation permanente, dans la propagande, dans le mot d’ordre à longueur de journée, où ils nous expliquent du matin au soir, non pas la réalité telle qu’est elle mais ce que nous devrions croire ou faire semblant de croire.

Vendredi, c’était encore le cas. Trois personnes m’ont envoyé des messages pour me dire qu’ils m’ont vu sur BFM TV, une le matin tôt, une le midi et une l’après-midi. Cela signifie que le petit moment où j’interviens a été diffusé en boucle dans la journée, et cela signifie également que des personnes qui critiquent BFM TV la regarde quand même. Mais chacun fait ce qu’il veut. Le soir, je décide de regarder en Replay le reportage vidéo qui a été diffusé.

>> Pour voir le reportage de BFM TV : CLIQUER ICI

On se rend compte qu’ils ont une commande avant de faire un reportage, et en fonction de cette commande, ils vont faire dire à la personne interrogée d’une manière ou d’une autre ce dont ils ont besoin soit en coupant une phrase ou soit en la sortant de son contexte pour aller dans le sens du message qu’ils veulent faire passer. Et c’est plutôt ce qui s’est passé ici.

A la base, une journaliste de BFM m’interroge sur la lutte de Sisteron : « On a vu que vous avez gagné à Sisteron la réouverture des Urgences, pouvez-vous nous en dire quelques mots ? ». Je leur explique la lutte et la victoire collective. On me dit que c’est très intéressant.

Ensuite, on glisse vers la crise sanitaire, où on me demande mon ressenti et comment cela se passe dans la région PACA. Je leur explique que c’est surmédiatisé et que les équipes soignantes ne vivent pas la réalité que montrent les médias à la TV. Il y a une légère augmentation mais il n’y a pas la situation d’affolement et de crise tel qu’elle est présentée.

Alors, il m’est répondu « oui, mais il y a peu de lits disponibles ». Je lui réponds « effectivement, mais il y avait déjà peu de lits avant la crise sanitaire. A été imposée une gestion quasi à flux tendus où toute situation exceptionnelle met en tension le système. En région PACA, nous avons une ARS (Agence Régionale de Santé qui a été très active ces dernières années en termes de fermetures de lits de réanimation à tel point que nous avons seulement 460 lits de réanimation pour une région de 5 millions d’habitants. Il nous faudrait réouvrir a minima 50% de lits supplémentaires, soit 230 lits de réanimation hors période Covid. Et je rajoute que le gouvernement connaissant le nombre faible de lits de réa, est paniqué dès qu’il faut hospitaliser quelques dizaines de personnes dans un grand département comme les Bouches du Rhône. Alors, ils vont nous parler des masques, des comportements à risque des jeunes, pointer du doigt des boucs émissaires, pour ne pas que la population s’intéresse aux sujets de fonds comme par exemple tous les lits qu’ils ont fermés ces dernières années mais également le manque d’effectifs et les faibles salaires. »

Donc, on me dit que c’est très intéressant, puis on me demande en cas de forte augmentation des cas de Covid dans la région, que se passerait-il avec si peu de lits de réanimation.

Alors je réponds qu’il y a plusieurs risques possibles :
– Abandonner les patients atteints d’autres pathologies que le Covid comme ce fut le cas pendant 2 mois et demi en début d’année.
– Mettre en place des critères très durs humainement comme on a pu le voir dans certaines régions où on voyait des consignes de limiter voire d’arrêter l’hospitalisation des plus de 70 ans en réa.
– Et troisièmement, c’est le risque d’être dans l’affolement et dans le bricolage permanent, comme l’a vu aussi, avec la mise en place de « lits de réa de guerre ».

Donc, j’explique tout cela. Et je regarde vendredi soir ce qui a été diffusé. Le seul moment qui a été gardé c’est celui sur les risques encourus :
– Ils ne parlent pas de la victoire collective aux Urgences de Sisteron
– Ils ne parlent pas du fait que c’est surmédiatisé et qu’il n’y a pas d’affolement dans les services
– Ils ne parlent pas du fait qu’on manquait déjà de lits de réa avant la Covid et de ceux qu’il faudrait réouvrir
– on ne parle pas de la sur-médiatisation qui est faite par les grands médias
Tout ce qui les intéresse ce sont les risques encourus par la population.

Du coup, c’est une phrase enlevée de son contexte afin d’entretenir une peur, un affolement…
D’autre part, ils me présentent dans le reportage comme « Urgentiste », sous-entendu « Médecin urgentiste » alors qu’à aucun moment, ils m’ont demandé quelle profession j’exerçais. Non ! Je ne suis pas médecin et je ne travaille pas dans un service d’urgences !

Donc, on voit bien qu’ils avaient une commande de départ, et qu’ils sont prêts à s’arranger avec la réalité afin de livrer leur commande : « Avoir un urgentiste de la région PACA qui explique que nous sommes en danger ».

C’est pourquoi, il y a besoin de prendre du recul en ces temps troubles pour essayer de comprendre la situation.

Nous avons besoin :
– Ne pas se laisser déborder, écraser par trop d’information
– Ne pas se laisser déborder par les émotions
– Ne pas se laisser paralyser par trop de sidération
– Ne pas se laisser endormir par une propagande diffusée en boucle (qui est un des outils des dictatures)
– Ne pas accepter une présentation prêt à l’emploi de gens qui ont réfléchi pour nous.
– Pour toute chose, se demander « C’est quoi le problème ? »
– Ce qui est important ce n’est pas une opinion ou un commentaire, mais c’est de trouver le problème de fond.
– Le problème de fond est rarement apparent. Donc pour le chercher et le trouver, il va falloir sortir de sa zone de confort. Ce n’est pas une histoire de vrai ou de faux, c’est une histoire de sens. Il nous faut donner du sens aux choses.
– Le problème peut se poser de différentes façons.
– Et ensuite, il permet de dépasser le constat pour envisager alors des solutions au travers de propositions concrètes.
Donc pour agir, il ne faut pas vouloir tout savoir, il ne faut pas avoir trop d’informations. Il faut cibler des savoirs, puis les approfondir, pour ensuite construire des actions.

Pour conclure, sachant qu’Il n’y a pas d’avancée sociale, sans un mouvement social capable de l’imposer, sachant que c’est à chacun de nous de prendre en main notre destin, il est important de se mobiliser afin d’imposer nos choix et notre modèle de société.

La crise du Covid ne doit pas être un accélérateur de processus de reculs sociaux ou de sidération des populations mais au contraire elle doit être un accélérateur de processus revendicatif !
La liberté n’est pas l’ennemi de notre sécurité comme les salaires ne sont l’ennemi de l’emploi !

Nous avons besoin de fêter dignement le 75ème anniversaire de la sécurité sociale dont la période actuelle en témoigne une fois de plus toute l’importance !
Nous avons besoin d’un plan de rupture avec les politiques menées ces dernières décennies !
Comme le montrent certaines victoires récentes, quand on maintient la pression sur la durée, on obtient des avancées !

C’est pourquoi, il est important de continuer à se mobiliser, pour faire avancer nos revendications, comme ce sera le cas le jeudi 17 septembre !

RDV à 10h30 place du Général de Gaulle à Digne !

Bonnes luttes !!!
Pour la CGT,
Cédric Volait

>> Ci-joint le tract de l’UD CGT 04 ainsi que celui de l’USD CGT Santé et Action Sociale 04 :

1291. Tract UD CGT 04 pour le 17 septembre 2020

1291. Tract USD CGT 04 pour le 17 septembre 2020

13 septembre 2020 – Très belle victoire collective qui doit en appeler d’autres

Bonjour,
Lors du rassemblement du 7 septembre, j’ai vu des visages plus détendus que d’habitude, ça fait plaisir et ça montre tout le chemin qui a été parcouru depuis plus d’un an.
Merci à toutes et à tous !
Je tiens à remercier très fortement toutes les personnes qui se sont mobilisées et toutes celles qui nous ont apportées leur soutien d’une manière ou d’une autre pour que les Urgences de Sisteron puissent réouvrir 24h00/24 et 7 jours/7 !
Ce qui m’a fait particulièrement plaisir durant ces longs mois, c’est de voir autant de gens déterminés au mètre carré, c’est assez rare pour le souligner !
Ce qui a été particulièrement intéressant c’est de voir œuvrer des gens très différents, ensemble, vers un même objectif, vers l’intérêt général !

Il y a une question sur laquelle il est important de s’interroger après cette lutte. Car c’est bien d’être dans l’action et d’avoir une belle victoire collective. Mais, c’est bien également d’avoir des temps de réflexions et d’analyse. Et la question qu’il faut se poser aujourd’hui c’est : Comment se fait-il qu’une proposition que nous avons faite il y a 14 mois n’était pas possible à ce moment là, et puis 14 mois après, elle devient possible et réalisable ? ça c’est une question de fond essentielle de cette lutte !

Le vrai / le faux, le bien / le mal ça n’existe pas ! Ou plutôt pour être plus précis, ça existe mais les frontières sont très malléables, elles bougent en permanence, un peu comme des plaques tectoniques, et la vérité d’un jour n’est pas celle de demain. Et une chose qui n’est pas possible un jour devient possible un autre jour.

Et on voit très bien que c’est la mise en place d’un rapport de force à un instant T qui va faire bouger ces lignes, ces frontières. Et à Sisteron, ce que nous avons réussi à faire, c’est justement de faire bouger ces frontières et à rendre possible l’impossible, à rendre réalisable l’irréalisable. Et c’est la puissance de la volonté collective qui a permis d’arriver à ce résultat là.
Car à la fois, nous avons réussi à mettre beaucoup d’intensité dès le départ, avec une très forte volonté collective. C’était le premier enjeu. Et le second enjeu, c’était de faire durer dans le temps cette intensité. Nous avions un objectif, nous nous sommes concentré uniquement sur cet objectif en mettant tout en œuvre, avec les moyens dont nous disposions, pour y arriver.

Et cette belle victoire collective doit nous faire prendre conscience de notre force, de la puissance de ce que peut engendrer la volonté d’un peuple déterminé.
Il faut que ça nous apporte de la confiance, des certitudes, des outils pour la prochaine fois où nous aurons à nous mobiliser. Car après avoir gravi une montagne, tout ce qu’on découvre c’est qu’il y en a encore beaucoup d’autres à gravir derrière.

Ils nous disaient il y a un an, qu’ils n’ont pas de baguette magique. Et on voit un an après, que ce n’est pas d’une baguette magique dont nous avions besoin mais c’est de courage et de choix politique. Maintenant que la population a très bien compris que la situation ne dépend pas de baguette magique, ils ont une épée de Damoclès sur la tête car ils seront attendus au tournant pour la suite de ce dossier ou pour d’autres problématiques similaires.

Aujourd’hui c’est la force d’un peuple déterminé qui a triomphé !
On a été là hier !
On est là aujourd’hui !
On sera là demain !
Et on lâche rien !
Merci !

Pour la CGT,
Cédric Volait

>> Ci-joint l’article de l’Humanité du 9 septembre intitulé « Sisteron retrouve ses urgences de nuit » (cliquer sur l’image pour agrandir) :
1290. Article L'Humanité Victoire Urgences de Sisteron

>> Pour voir l’article complet du journal L’Humanité : CLIQUER ICI

>> Ci-joint l’article de La Provence du 8 septembre intitulé « Réouverture des Urgences, la manifestation de la victoire » (cliquer sur l’image pour agrandir) :
1290. Article La Provence du 8 septembre 2020

>> Ci-joint l’article du Dauphiné du 9 septembre intitulé « Lundi de fête aux urgences de Sisteron » (cliquer sur l’image pour agrandir) :
1290. Article Le Dauphiné du 9 septembre 2020

>> Pour voir l’interview de DICI TV, cliquer sur ce lien :

>> Pour voir l’article du site « Rapportdeforce.fr » intitulé « Lutte victorieuse : les urgences de nuit de Sisteron rouvrent », cliquer sur ce lien :
CLIQUER ICI

5 septembre 2020 – Après 14 mois de lutte, ensemble nous avons gagné la réouverture des urgences de nuit à Sisteron

Bonjour,
Dans un contexte où les mots sont vidés de leur sens, où les paroles creuses sont devenues la norme, s’il y a bien une expression qui garde tout son sens, c’est bien : « La lutte paie ! ».

On nous parle souvent de vérité ou de faux, de bien ou de mal, de légal ou d’illégal, mais les frontières sont très malléables, bougent, en fonction des rapports de force du moment. Oui, c’est le rapport de force qui fait la différence !

Rien n’est jamais acquis et rien n’est jamais perdu. Notre détermination, notre volonté est comme un fleuve qui fait avancer le bateau de nos revendications et de nos choix de société.

En approfondissant les sujets, on se rend compte que le débat se situe ailleurs qu’entre le vrai et le faux. Le débat, est dans le sens qu’on va donner aux choses et notamment dans le sens que nous y donnerons collectivement.

Il y a une lutte qui dure depuis 14 mois, c’est celle pour exiger la réouverture du service des Urgences de nuit à Sisteron. Tous les lundis soir s’organise une mobilisation syndicale et citoyenne à Sisteron (hormis la période du confinement du 16 mars au 11 mai). Ce qui correspond à plus de 50 rassemblements en 14 mois.

Alors, certes ça n’a pas été facile, parfois contraignant, mais c’est une lutte à laquelle nous avons donné du sens depuis le départ et c’est pourquoi de nombreuses personnes s’y sont retrouvées. Dès le début, nous avons véhiculée un discours positif et déterminé en expliquant que la puissance de la volonté peut faire bouger n’importe quelle ligne.

Dès le départ, les représentants de l’Etat, l’ARS, les députés… n’ont pas été à l’aise avec cette problématique, et au plus le mouvement a duré, au plus cette gêne a pris de l’importance. Mais leur stratégie de jouer la carte du pourrissement n’a pas marché et s’est même retournée contre eux.

Et après 14 mois de fermeture des Urgences de nuit à Sisteron, jeudi 3 septembre, a été enfin annoncée leur réouverture pour lundi 7 septembre.

C’est une belle victoire collective !
Et c’est une belle victoire pour toutes les valeurs et les revendications que nous portons !

Dès demain, un autre combat commencera, ce sera de maintenir la pression afin que la situation des Urgences soit pérennisée, plus globalement afin que la situation de l’hôpital soit pérennisée dans son ensemble, et encore plus globalement sur la question des services publics en zone rurale. Donc, le combat continue car les problèmes de fond ne sont pas réglés !

Qu’ils arrêtent de dynamiter nos hôpitaux, nos EHPAD, nos services publics, et qu’ils se mettent enfin à les dynamiser ! Et on leur rappellera chaque fois que c’est nécessaire !

Lundi soir, nous allons organiser un grand rassemblement festif devant les urgences de Sisteron pour prendre le temps de remercier toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés avec détermination. RDV lundi 7 septembre à 19h00 devant les Urgences de Sisteron !

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé d’une manière ou d’une autre à cette victoire !
On lâche rien !

>> Ci-dessous le tract appelant à se retrouver le lundi 7 septembre à 19h00 à Sisteron :
1288. Victoire Réouverture des Urgences la nuit de Sisteron

>> Pour consulter l’article du journal La Provence du 3 septembre « Dynamiser et non pas dynamiter l’hôpital », annonçant la réouverture des urgences de nuit, cliquer sur ce lien : CLIQUER ICI

>> Pour consulter l’article de Médiapart du 1er septembre « Le Tour passe à Sisteron, où la fermeture des urgences ne passe pas », cliquer sur ce lien : CLIQUER ICI

>> Ci-dessous l’article du journal La Provence du 1er septembre suite au rassemblement de la veille lors du passage du Tour de France à Sisteron :
Article La Provence du 1er septembre 2020

>> Pour voir la vidéo de DICI TV du 31 août 2020, cliquer sur sur l’image cidessous :

>> Pour écouter l’interview audio diffusé dans le journal du matin du 1er septembre sur la radio France Bleu Provence : CLIQUER ICI

29 août 2020 – Tour de France de la casse de l’hôpital public – Etape du 31 août à Sisteron

Bonjour,
Alors que le capitalisme cherche sans cesse de nouveaux horizons, de nouveaux marchés, où tout doit être voué à la production et à la consommation, se met ainsi en place un capitalisme 24/7 c’est à dire 24h00 sur 24, et 7 jours sur 7 où la logique est de capter les temps de repos, les temps de méditation, les temps de sommeil des individus.

Et le sommeil demeure un des seuils de résistance majeurs face à cette colonisation continue. Quand on dort, on ne produit rien et on ne consomme rien. Le sommeil n’est pas rentable donc on n’en a pas besoin. Donc, le capitalisme s’attaque de plus en plus au sommeil. En un siècle, on a perdu en moyenne 3h30 de sommeil.

Et dans leur nouveau monde, on aurait toujours moins besoin de sommeil. Et parallèlement à ce capitalisme 24/7, non stop, se multiplient les services d’urgences 12/24, c’est à dire à mi-temps, on voit bien où est la priorité pour ces gens là !

Ils remplacent le « métro/boulot/dodo » par le « métro/boulot/conso » mais dans ce monde là, plus de place pour les services publics, et plus de place pour les services qui demeurent vitaux pour les individus.

Ce fonctionnement injuste et aliénant, ne peut perdurer qu’avec une société du spectacle constituée de propagande (pour nous garder dans l’illusion que nous aurions le choix que d’un seul mode de vie possible), de publicité (pour détourner nos désirs vers des actes de consommation) et de divertissement (pour nous faire oublier la vraie vie, nous faire vivre par procuration et pour étouffer toute contestation).

Ainsi, on ne trouve pas des moyens pour les services publics ou pour rouvrir des Urgences 24h sur 24, 7 jours sur 7, mais on trouve des moyens importants pour faire venir le Tour de France à Sisteron.

Face à ces leurres, ces représentations, il faut interroger notre propre existence. Nos vies ont-elles du sens ? Sont-elles dignes ? Sans vigilance de notre part, le spectacle va progressivement remplacer la vie réelle nous faisant oublier l’essentiel… jusqu’à notre propre existence.

Alors, n’oublions pas que les Urgences sont un besoin vital pour la population et qu’aucun divertissement ne pourra les remplacer !

Lundi 31 août RDV devant les Urgences de Sisteron à 12h00, pour faire un zoom sur l’étape du jour du Tour de France de la casse de l’hôpital public et continuer d’exiger la réouverture des Urgences de Sisteron 24h/24 et 7 jours/7 !

Restons dans la vraie vie !
Restons déterminés !

>> Ci-joint le tract appelant à se mobiliser lundi 31 août à Sisteron :

Tract Tour de France Urgences de Sisteron 31 août 2020

16 juillet 2020 – Ségur de la Santé : Vers une accélération de la transformation de l’hôpital public en hôpital entreprise

1275. Soignants en colère

On entend certains syndicats expliquer que le Ségur de la santé est un accord « historique ». Non ! C’est tout sauf un accord historique ! Un accord historique est un accord où 50 ans après, 100 ans après, on s’en rappelle encore ! Et il y a eu des accords historiques dans l’histoire du pays. Ce n’est pas le cas ici.

Celui-là est un accord avec des augmentations de salaire mais à côté de nombreux reculs sont positionnés en tant que chantage, en tant que principe du donnant/donnant. Mais les personnels de notre champ professionnel n’ont rien à donner ! Ils donnent suffisamment de leur personne à longueur d’année. Nous sommes loin du « quoi qu’il en coûte » du mois de mars. A ce moment là, il était question de prendre soin des personnels hospitaliers, de prendre soin de l’hôpital public… Alors qu’aujourd’hui, pour chaque euro donné, il faudrait des contreparties. C’est pour cela qu’il parait plus pertinent de parler de mascarade ou de gros plan de com.

On ne peut que regretter le manque d’ambition des trois syndicats signataires en terme d’analyse politique et d’exigences revendicatives. On s’était mis d’accord avec eux qu’on ne lâcherait rien en dessous de 300 euros nets par mois. Pourtant, ils ont pris des ciseaux et ont coupé la corde que nous tenions tous. En effet, au bout de 3 réunions de négociations, ils ont indiqué au gouvernement que 200 euros leur conviendrait très bien. On ne dit pas cela dans une négociation, c’est complètement kamikaze. C’est se tirer une balle dans le pieds ! C’est un très mauvais signal envoyé au gouvernement et cela a mis fin aux négociations. Pourtant le rapport de force était en notre faveur et le gouvernement avait précisé qu’il était pressé et qu’il lui fallait un accord avant le 14 juillet, donc c’était eux qui avait un impératif de planning et c’est eux qui étaient sous pression. Avec un peu plus d’unité et d’ambition, on aurait pu obtenir beaucoup plus en termes de rémunérations, de dégel du point d’indice et faire retirer de nombreux reculs. Nous sommes trop habituer à une société de la « médiocratie », toujours « jouer petits bras » dans tous les domaines et malheureusement c’est ce qui s’est passé une fois de plus. Alors que les conditions étaient réunies pour avoir un vrai accord historique mais il aurait fallu que tout le monde tire dans le même sens. C’est un regret et il faudra en tenir compte dans nos prochaines stratégies.

Ensuite, il y a un sujet dont on ne parle pas ou très peu depuis le début du Ségur de la santé alors que c’est un élément essentiel, c’est que le Ségur constitue une accélération de la transformation de l’hôpital public en hôpital/entreprise.

En effet, ce lieu d’accueil, de prévention, d’éducation et de soins est transformé, de réformes en accords successifs, en lieu de financiarisation, de mise en concurrence, et de management à l’anglo-saxonne.

Ce lieu hospitalier devient petit à petit inhospitalier pour des personnels toujours plus fatigués, perdant le sens de leur travail et cherchant à y rester le moins longtemps possible.

Une entreprise cherche à exister avec des salariés qui doivent être les moins nombreux possible mais également les plus disciplinés possible, tout en se concentrant sur les activités les plus rentables, avec différents outils : en jouant sur le temps de travail, en jouant sur la flexibilité, sur le mode de gouvernance, sur la sous-traitance de certaines activités et sur la dématérialisation d’autres…

Alors, les gouvernants disent qu’ils ont compris le problème et sous couvert d’augmentation des salaires, induite par un rapport de force construit sur de nombreux mois et renforcé par l’actualité sanitaire, en profitent pour acter toutes une série de contreparties pour asseoir cette transformation. C’est tout le sens du Ségur de la santé.

Il s’agit de fissurer les limites entre le public et le privé au travers des augmentations de salaires consenties. Il s’agit aussi de fissurer les limites entre les titulaires et les contractuels : On l’a vu dans les augmentations de salaire mais on le voit également dans la transformation en cours de la prime de service en prime au mérite pour tous. Mais cet outil de management individualisé, s’accompagne d’un outil de management collectif qu’est l’intéressement collectif prévu dans l’accord afin de consolider ce management d’entreprise.

Après le « détricotage » du code de travail ces dernières années dans le privé et la volonté d’avoir un code du travail par entreprise négocié dans chaque structure, le Ségur de la santé accroît la flexibilité, affaiblit les 35h00, renforce l’utilisation des heures supplémentaires, valide des accords locaux spécifiques négociés dans chaque établissement, prévoit le morcellement de la formation comme ils morcellent les activités ou nos métiers…

Donc, il s’agit d’une transformation systémique où la question salariale constitue l’arbre qui cache la forêt ou la partie émergée de l’iceberg qui tente de faire oublier ce qu’il y a dessous.

Donc, l’une des questions majeures à se poser c’est : Des augmentations de salaire méritent-t-elle que nous fermions les yeux sur une accélération de la transformation de l’hôpital public en hôpital/entreprise ?

On répète à longueur de journée « La santé n’est pas une marchandise et l’hôpital n’est pas une entreprise ». Est-ce seulement un slogan de communication ou est-ce une boussole qui doit animer notre engagement, nos actions et nos décisions ?

Afin de mieux comprendre le sens des évolutions en cours, il est important de bien faire le lien entre le Ségur de la santé, La loi Ma santé 2022, la loi de transformation de la fonction publique et la récente nomination de l’ultralibérale Amélie de Montchalin (du monde de la banque et de l’assurance) en tant que ministre de la transformation et de la fonction publiques. Tous ces points sont reliés entre eux, tel un réseau, avec des interdépendances et au service d’une même idéologie dont la radicalité et les limites sont sans cesse repoussées.

Tout est découpé, tout est éclaté : les activités de nos hôpitaux, nos rémunérations, nos pratiques professionnelles. Donc, on voit bien que c’est l’individu qui lui aussi est découpé pour mieux le contrôler et pour mieux l’emmener là où ils veulent tout en lui donnant l’impression que c’est lui qui choisit. Cette servitude volontaire est un véritable fléau qui prend de plus en plus d’ampleur dans nos vies. Car au plus ils déplacent le curseur des limites de leur domination, au plus ils travaillent à l’élargissement de notre seuil de tolérance.

Mais leur faiblesse, c’est qu’ils ne savent pas contenir leur appétit de domination, et ils ne savent pas ne pas aller trop loin. Et c’est ce qui les perdra !
Car il y a toujours une goutte d’eau qui fait déborder le vase, une mesure de trop qui éveille et enflamme les consciences ! Et c’est ce qui va se passer !

C’est pourquoi, il est important de ne pas relâcher la pression et de continuer à porter les revendications des personnels avec détermination !

>> Ci-joint un article du Canard Enchaîné d’hier sur le Ségur de la Santé : CLIQUER ICI

10 juillet 2020 – 365 jours de lutte à Sisteron – Rassemblement le lundi 13 juillet 2020 à 20h00 devant les Urgences

Bonjour,
Nous ne sommes pas des héros qui pourraient être sacrifiés et qui suivraient aveuglément le rôle qu’on voudrait leur faire jouer. Nous sommes des travailleurs, des citoyens déterminés qui sommes entrain de déserter les rôles qu’une petite minorité dominante a préparé pour nous pour reprendre possession de notre travail, de nos vies et de nos territoires !

C’est pourquoi, nous continuons à nous mobiliser avec détermination pour d’autres choix de société !

C’est pourquoi nous serons devant les Urgences de Sisteron lundi 13 juillet à 20h00 !

On lâche rien !

>> Ci-joint le tract appelant à la mobilisation du lundi 13 juillet devant l’hôpital de Sisteron :

1272. Tract 365 jours de lutte à Sisteron, 13 juillet 2020