11 septembre 2018 – Bonjour, je suis convoquée de manière orale et agressive à un entretien avec la direction, que dois-je faire ? Merci

Question réponse entretien direction

Bonjour, ce type d’entretien est fréquent dans nos EHPAD et hôpitaux. Le premier conseil qu’on peut vous donner c’est de ne jamais vous rendre seule à un entretien de ce type, et vous faire accompagner d’un représentant du personnel CGT.

En général, les directions acceptent que vous soyez accompagnée, et la simple présence du représentant CGT suffit en général à ce que l’entretien se passe dans de meilleures conditions.

Y aller seul est très risqué et se solde souvent par une sorte de procès à charge où on vous fait tous les reproches du monde sans vraiment avoir la possibilité de vous défendre, en essayant de vous faire porter la responsabilité de dysfonctionnements institutionnels ou pour des faits basés sur de simples rumeurs.

Si la direction refuse que vous soyez accompagnée, le mieux nous semble-t-il est de refuser cet entretien pour le moment.

En effet, les entretiens non formels peuvent exister mais à partir du moment où ils servent à faire des reproches à un agent, on est dans le pré-disciplinaire et l’agent est en droit de les refuser ou de quitter l’entretien en exigeant une convocation écrite respectant ses droits. Le seul entretien annuel obligatoire est celui sur la formation professionnelle.

Dans les entretiens pré-disciplinaires, l’agent doit être informé qu’il a le droit d’obtenir la communication intégrale de son dossier individuel et de se faire assister par un ou plusieurs défenseurs de son choix. Il doit être invité à prendre connaissance du rapport introductif de l’administration précisant les faits reprochés et les circonstances dans lesquelles ils ont été commis. Cela suppose donc qu’il faut un écrit de l’administration précisant la nature de l’entretien et les éléments indiqués.

Enfin, nous vous invitons à lire le Décret n°89-822 du 7 novembre 1989 qui encadre la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires de la FPH : CLIQUER ICI

4 septembre 2018 – Le sens du travail est au cœur des enjeux actuels

993. Redonner du sens au travail

C’est un des éléments fondamentaux des difficultés que les salariés connaissent. Ils travaillent tous aujourd’hui en « mode dégradé », mode qui tend malheureusement à se généraliser, imposé à l’ensemble de notre secteur par le système capitaliste.

Le capitalisme ne veut pas d’un travail parfait, ne veut pas d’un travail de qualité. De même, il ne veut ni de la qualité dans les soins ni dans les produits manufacturés d’ailleurs.

C’est pour cela qu’aujourd’hui nous sommes envahis par ces procédures dites « dégradées ». L’important pour eux, c’est que cela se vende, tout en faisant le maximum de profits, et en réduisant la qualité.

On réduit la qualité tout en renforçant la normalisation à la quelle nous sommes soumis impactant notre manière de faire. On se préoccupe davantage d’être dans la norme : nous sommes fortement contrôlés aujourd’hui par les outils et techniques de communication et d’information qui ont envahi notre domaine professionnel.

Ces techniques d’information et de communication ont fait éclater les frontières (qui protégeaient les salariés) entre le monde du travail et la vie privée.

Nous sommes poussés à être performant par le monde du travail, et pour cela, il faudrait faire rentrer le travail dans les foyers, dans les têtes des personnes. Il faut exploiter l’espace de pensée libre.

Aujourd’hui nous sommes dans une exploitation totale de l’individu. La pensée des salariés est constamment captée, capturée par ces nouvelles techniques et par les objectifs du travail.

L’une des conséquences aujourd’hui de cet envahissement est ce qu’on appelle improprement le « Burn Out ». On a dépassé le cadre des accidents du travail provoqué par l’engagement physique et la manipulation des produits chimiques.

Il y a un phénomène nouveau aujourd’hui avec l’engagement à la fois émotionnel, affectif, des valeurs qui sont convoqués sur le lieu même du travail, qui fait que la personne n’a plus tellement d’espace à elle pour se retrouver d’où cet épuisement complet ou la multiplication des maladies somatiques.

Toutes ces pathologies sont à prendre en compte du fait de cette nouvelle organisation du travail.

Nous avons besoin aujourd’hui de redonner du sens au travail en promouvant un management alternatif basé notamment sur :
– l’émancipation au travail
– l’autonomie
– la liberté d’expression
– le renforcement des temps collectifs afin d’échanger sur le travail (son organisation, son sens, sa qualité…)
– la protection des frontières entre la vie professionnelle et la vie privée
– la reconnaissance des nouvelles pathologies en tant que maladies professionnelles
– la restauration de la reconnaissance de la pénibilité dans notre secteur d’activité
Etc…

9 août 2018 – Un point sur la protection fonctionnelle à l’hôpital

Ce que changent la loi 2016-483 du 20 avril 2016 et le décret 2017-97du 26 janvier 2017 (modifiant l’article 11 de la loi du 13 juillet 1983)

>> Qui bénéficie de la protection fonctionnelle ?

La protection fonctionnelle est accordée à l’ensemble des agents stagiaires, titulaires, les agents contractuels de droit public et les praticiens hospitaliers.

La loi de déontologie a étendu la protection qui peut être accordée, sur leur demande, au conjoint, au concubin, au partenaire lié par un pacte civil de solidarité au fonctionnaire, à ses enfants et à ses ascendants directs pour les instances civiles ou pénales qu’ils engagent contre les auteurs d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne dont ils sont eux-mêmes victimes du fait des fonctions exercées par le fonctionnaire.

Elle peut également être accordée, à leur demande, au conjoint, au concubin ou au partenaire lié par un pacte civil de solidarité qui engage une instance civile ou pénale contre les auteurs d’atteintes volontaires à la vie du fonctionnaire du fait des fonctions exercées par celui-ci. En l’absence d’action engagée par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité, la protection peut être accordée aux enfants ou, à défaut, aux ascendants directs du fonctionnaire qui engagent une telle action.

Elle peut concerner des faits de menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont les agents seraient victimes à l’occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en résulte.

De plus, l’article L6152-4 du Code de la santé publique prévoit d’accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle pour les médecins, odontologistes et des pharmaciens de la fonction publique hospitalière.

Dans le cadre de la protection fonctionnelle, les éventuels frais d’avocat de l’agent pour se défendre devant une juridiction sont pris en charge par l’employeur public.

>> Comment en faire la demande ?

La demande de protection fonctionnelle devra être faite par l’agent concerné en envoyant un courrier recommandé avec accusé de réception à son administration en expliquant les motifs qui la justifient.
En cas d’absence de réponse dans un délai de 2 mois, la demande est considérée refusée.

La décision administrative de la protection fonctionnelle – les recours
Après la demande de protection fonctionnelle d’un de ses agents, c’est l’administration publique qui décide, ou non, de lui en accorder le bénéfice, à l’examen des faits avancés ou de la faute à l’origine des condamnations qui rentre dans le cadre d’une faute de service ou une faute personnelle de l’agent.
L’agent peut contester la décision de refus de son administration de lui accorder la protection fonctionnelle en déposant un recours en excès de pouvoir dans un délai de 2 mois devant le Tribunal administratif.

>> Quelle forme peut prendre la protection fonctionnelle ?

Elle peut désormais prendre 3 formes :

* Lorsqu’un agent public est poursuivi par un tiers pour faute de service, dans la mesure où une faute personnelle détachable de l’exercice de ses fonctions ne lui est pas imputable, l’établissement le couvre des condamnations civiles prononcées contre lui.

* Lorsqu’un agent public fait l’objet de poursuites pénales à raison de faits qui n’ont pas le caractère d’une faute personnelle détachable de l’exercice de ses fonctions, l’employeur doit lui accorder sa protection.

* L’employeur est tenu de protéger l’agent public contre les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu’une faute personnelle puisse lui être imputée (réparation du préjudice le cas échéant).

29 juillet 2018 – Quelles autorisations d’absence pour le décès d’un proche ?

Question réponse congés ASA

La durée de l’autorisation d’absence pour décès est différente selon le degré de parenté à la date des obsèques.

>> 3 jours ouvrables pour : le conjoint ou pacsé, père, mère, enfant

>> 1 jour ouvrable pour : les parents du conjoint ou pacsé, les parents ou allié au 2ème degré : grands-parents, frère, sœur, beau-frère, belle-sœur, petit enfant

>> Aucune autorisation d’absence n’est accordé pour : oncles et tantes, neveux et nièces, cousins et cousines de l’agent

Ces jours non pris ne peuvent pas être récupérés plus tard.

NB :

– Bien penser à les demander, car à part quelques rares exceptions, les services du personnel ne vous informerons pas que vous y avez droit.

– Les textes ne fixent pas de délais exacts pour prendre ces jours à la suite d’un décès. Cependant, ne pas attendre 3 mois pour les demander : Ces jours sont attribués en principe pour participer aux obsèques et pour réaliser les démarches liées à l’évènement.

– La nécessaire continuité de la durée d’absence doit s’apprécier en jours ouvrés. Par exemple, lors du décès d’un parent intervenu en fin de semaine, l’agent peut donc être autorisé à s’absenter le vendredi puis les lundi et mardi de la semaine suivante.

– Il appartient à chaque établissement d’examiner si, dans certains cas particuliers, compte tenu des déplacements à effectuer, la durée de l’absence peut être majorée des délais de route qui, en tout état de cause, ne devraient pas excéder quarante-huit heures aller et retour.

21 juillet 2018 – Infirmier en pratique avancée ( IPA ) : les textes viennent de sortir

982. Infirmier infirmière en pratique avancée IPA

Deux décrets et trois arrêtés relatifs à l’IPA (Infirmière en pratique avancée) ont été publiés le 19 juillet au Journal Officiel.

Le décret relatif à l’exercice définit ainsi l’infirmier exerçant en pratique avancée (IPA) comme un professionnel qui « dispose de compétences élargies par rapport à celle de l’infirmier diplômé d’État (IDE), validées par le diplôme d’État d’infirmier en pratique avancée délivré par les universités » qui recevront prochainement l’accréditation nécessaire.

Les IPA auront par exemple le droit de prescrire mais en restant sous tutelle de médecins.

La question des pratiques avancées est un sujet qui fait débat à l’extérieur comme à l’intérieur de la CGT.

Certains médecins trouvent qu’il y a certaines tâches moins intéressantes, et ils souhaiteraient se concentrer sur des tâches mettant davantage en valeur leur formation. Par exemple, ce qui revient souvent c’est que tout ce qui relève des pathologies chroniques pourrait être géré par des infirmières comme la diabéto etc…

Et donc, selon certains médecins, l’IPA pourrait être un moyen de faire évoluer les choses vers le haut. Il faudrait ainsi faire avancer la pratique infirmière vers la pratique médicale… Mais aussi faire avancer la pratique aide-soignante vers la pratique infirmière… Et cela pourrait être intéressant professionnellement parlant à condition que la rémunération suive, qu’il y ait une reconnaissance salariale substantielle.

On voit aussi des infirmières qui nous disent la « pratique avancée », on la fait souvent déjà, sans la nommer, sauf qu’il n’y a rien dans le statut et la rémunération.

Pour autant, la majorité des infirmières que nous croisons, comme la majorité des organisations syndicales sont contre les « pratiques avancées ».

D’ailleurs lors de la réunion du mois de mai 2018, le HCPP (Haut Conseil des Professions Paramédicales) a largement voté contre ces textes.
Le HCPP est composé d’associations, syndicats, médecins…
Mais le gouvernement Macron n’en a aucunement tenu compte.

L’une des raisons premières des votes « contre », c’est que le gouvernement a refusé d’aborder la question salariale lors des réunions de concertation. Un argument qui revient souvent également est le fait de vouloir créer un statut de sous-médecin pour faire des économies.

Rappel :
Au départ la raison première affichée du gouvernement pour la mise en place des pratiques avancées était la volonté d’avoir des infirmières évoluant sur des territoires fragiles, c’est à dire des déserts médicaux, uniquement pour les personnes âgées et les personnes atteintes de pathologies chroniques.

Autrement dit : si tu es une personne âgée, avec une maladie chronique, vivant à la campagne, alors tu seras soignée par un sous-médecin qui sera sous-payé.

Concernant la formation, concrètement, pour une infirmière c’est :
3 ans de formation
+ 3 ans de pratique (à temps plein)
+ 2 ans de pratique avancée
Si on additionne tout, cela fait 8 ans (au minimum) au total de formation pour être IPA.

>> Il faudrait donc partir a minima par exemple sur une grille salariale d’ingénieur hors classe pour avoir une réelle reconnaissance des qualifications. Ce que le gouvernement ne veut pas bien entendu. D’ailleurs, il a fait sortir 5 textes pour officialiser la pratique avancée sans vouloir aborder la question de la rémunération. Elle est belle la démocratie ! Et elle est belle la reconnaissance des qualifications !

Ce texte n’est pas anodin, il est fait dans un contexte où le gouvernement souhaite davantage développer la polyvalence des personnels et faire des économies sur leur dos.

Ces textes seront effectifs dès la rentrée de septembre 2018. Pourtant, ils n’ont pas prévu de budget, ils n’ont pas prévu de projet pédagogique, tout se fait en force et dans la précipitation. C’est du Macron : une « révolution » dans chaque secteur d’activité.

La CGT a pris le temps de réfléchir, a analysé les projets. C’est la seule organisation qui a fait une déclaration liminaire lors de la réunion du HCPP.

Si vraiment il est question d’améliorer la situation des infirmiers, alors pourquoi ne pas simplifier les passerelles pour devenir médecin généraliste plus facilement ? Et notamment dans les zones où il y a de réels besoins. Cela serait une réelle avancée.

Textes :

* Décret 2018-629 du 18 juillet 2018 relatif à l’exercice infirmier en pratique avancée : CLIQUER ICI

* Décret 2018-633 du 18 juillet 2018 relatif au diplôme d’Etat d’infirmier en pratique avancée : CLIQUER ICI

* Arrêté du 18 juillet 2018 relatif au régime des études en vue du diplôme d’Etat d’infirmier en pratique avancée : CLIQUER ICI

* Arrêté du 18 juillet 2018 fixant la liste des pathologies chroniques stabilisées prévue à l’article R. 4301-2 du code de la santé publique : CLIQUER ICI

* Arrêté du 18 juillet 2018 fixant les listes permettant l’exercice infirmier en pratique avancée en application de l’article R. 4301-3 du code de la santé publique : CLIQUER ICI

14 juillet 2018 – Le décret officialisant l’inscription automatique des infirmiers à l’ordre est paru

Le décret officialisant l’inscription à l’ONI (Ordre National Infirmier) est paru : Encore un moyen de se faire de l’argent sur le dos des travailleurs.

Le gouvernement actuel officialise et impose donc le racket auquel la profession est depuis toujours massivement opposée…

La CGT demande depuis sa création l’abrogation de l’ordre des infirmiers comme de tous les ordres professionnels.

>> Pour voir le décret complet : CLIQUER ICI

977. Décret du 10 juillet 2018 inscription ordre infirmier (1)

977. Décret du 10 juillet 2018 inscription ordre infirmier (2)

977. Décret du 10 juillet 2018 inscription ordre infirmier (3)

12 juillet 2018 – Etudes en soins infirmiers : plus de concours en 2019

Concours IDE Parcoursup

Désormais, plus de concours mais des vœux formulés sur « Parcoursup » et une admission sur dossier.

Dès la rentrée 2019, les étudiants en soins infirmiers seront inscrits à l’université et accèderont aux services universitaires.

Une fois le bac obtenu, ce sera un peu comme pour les IUT, ils ne prendront que les meilleurs sur dossiers.

Alors que pour le concours, tout le monde repart à zéro, et tout le monde a sa chance, là il y aura une sélection importante.

Un concours anonymes évite (ou en tout cas diminue fortement) le risque de discriminations ou d’arrangements. Il est issu du principe d’égalité lui même issu de nos valeurs républicaines.

Un bon dossier ou une tête bien pleine ne garantissent pas une bonne infirmière.

Pour les AS qui veulent devenir IDE, il devrait toujours y avoir un concours de présélection mais on ne connait pas encore les modalités.

Pour les adjoints administratifs qui veulent passer le concours d’IDE, apparemment ce ne sera plus possible. Là encore, on attend les modalités exactes.