2 mars 2021 – Billet d’humeur de la semaine de Christophe Prudhomme « Confidentialité »

1274. Ségur de la santé Christophe Prudhomme

Billet d’humeur de la semaine

Confidentialité

J’ai choisi aujourd’hui de vous parler d’autre chose que du coronavirus, car il faut bien comprendre que toute l’agitation du gouvernement autour des mesures de pseudo-confinement masque le fait que la période est mise à profit pour avancer masqué sur d’autres sujets très importants.

Il s’agit notamment de ce qui est appelé le Health Data Hub, en français la collecte des données de santé des français. Données qui intéressent au plus haut point, ceux qui en ont fait un grand business, je veux parler des fameux GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). Heureusement que certains veillent au grain, comme par exemple le conseil d’administration de la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie) qui vient d’opposer un refus très ferme à la proposition du gouvernement de confier la gestion de cette entreprise à Microsoft.

Pour comprendre l’intérêt porté à la France, il faut savoir que notre Sécurité sociale possède une des bases de données de santé parmi les plus importantes du monde. Elle est utilisée aujourd’hui à visée épidémiologique alors que l’objectif de cette opération est d’ouvrir un accès à visée commerciale, pour proposer des assurances et des soins soi-disant personnalisés selon le niveau de risques des individus. Toutes choses en contradiction avec les fondements de la Sécurité sociale qui collecte des cotisations proportionnelles aux revenus et qui finance les soins en fonction des besoins des patients.

Nous voyons bien que cette opération vise à s’accaparer un bien public pour engranger des profits.

Il faut donc être particulièrement vigilants car sans mobilisation de la population pour la refuser, le gouvernement reviendra à la charge pour aboutir à ses fins. Nous sommes déjà assez surveillés, contrôlés, analysés, notamment via nos téléphones portables, l’utilisation de nos cartes de crédits ou encore par les réseaux sociaux.

Nos données de santé doivent être protégées et c’est à chacun de décider qui peut y avoir accès. C’est tout l’enjeu du fameux dossier médical partagé, serpent de mer depuis des années mais dont la mise en place reste d’actualité. Il est essentiel qu’il reste confidentiel et ne serve qu’à coordonner et améliorer la prise en charge du patient par les différents professionnels de santé choisis et désignés par celui-ci.

Veillons jalousement à nos libertés.

Dr Christophe Prudhomme

16 février 2021 – Le Billet d’humeur de la semaine de Christophe Prudhomme « Bénéfices »

1274. Ségur de la santé Christophe Prudhomme

Billet d’humeur de la semaine

« Bénéfices »

Le journal Les Echos a publié hier un article très intéressant titré « Comment le COVID redessine les bénéfices des laboratoires pharmaceutiques ». Nous apprenons que le chiffre d’affaires des 10 premières entreprises du médicament a été en 2020 de 468,5 milliards de dollars et que le résultat opérationnel, c’est-à-dire les bénéfices, se sont chiffrés à 108,9 milliards de dollars, soit 23 % du chiffre d’affaires. Cela signifie que pour un produit vendu 10 dollars, le laboratoire génère 2,3 dollars de profit. Une comparaison est éclairante sur l’énormité de ce chiffre : le résultat opérationnel de Toyota, une des entreprises automobiles les plus rentables au monde, était de 8,2 % avant la crise.

L’industrie pharmaceutique est donc une des activités les plus rentables au monde alors qu’elle produit des biens indispensables pour la population mondiale. Dans le contexte de la pandémie actuelle qui nécessite la production massive de vaccins au meilleur coût avec une disponibilité pour l’ensemble des pays de la planète, nous pouvons pointer une anomalie majeure. Est-il donc raisonnable de laisser les choses en l’état ? Sûrement pas. Au-delà de la pétition européenne « Pas de profit sur la pandémie » se pose la question de la maîtrise publique de la production des médicaments qui ne peuvent être des produits marchands comme les autres.

Les opposants à cette évolution nous expliquent qu’il est normal que les actionnaires bénéficient d’un retour sur leur investissement. C’est bien là que le bât blesse car de fait ces fameux investisseurs s’appuient largement sur la recherche publique et sur la socialisation des dépenses pour engranger des bénéfices honteux. Je ne suis pas économiste, mais je constate que les bénéfices du seul Sanofi représentent plus que ce que la somme octroyée par le gouvernement pour le fameux Ségur de la santé. Je ne peux donc que m’interroger, en tant que soignant, sur l’anormalité de cet état de fait qui explique largement les difficultés rencontrées dans nos hôpitaux, du fait du manque de manque de moyens chronique entretenu par les gouvernements depuis trop longtemps.

Dr Christophe Prudhomme

2 février 2021 – Grilles de salaire 2021 des agents dans la fonction publique hospitalière

Happy New Year Background. Start in 2021. 3D illustration

Pour voir les nouvelles grilles de salaire 2021 applicables au 1er janvier 2021 dans tous les corps et grades de la fonction publique hospitalière : CLIQUER ICI

Ces nouvelles grilles de salaires font suite aux différents reclassements de l’accord PPCR dans la fonction publique.

Les corps et grades en cadre d’extinction sont indiqués en rouge.

Les références aux décrets des statuts particuliers de tous les corps et grades dans chaque CAP figurent en annexe du document avec les taux de promotion 2020.

Dans ce document sur les grilles de salaire, vous trouverez les échelons, leur durée, l’indice majoré correspondant et le salaire brut en euros.

L’indice de référence à utiliser pour le calcul de la rémunération de base est l’indice Majoré qui comme indiqué dans la formule ci-dessous permet d’obtenir le traitement mensuel.

Traitement mensuel de base = Indice Majoré x Valeur du point

La valeur du point d’indice au 1er janvier 2021 sera 4,6860 €. Cette valeur du point d’indice multiplié par votre indice d’échelon majoré vous donnera votre salaire brut.

Nous n’avons pas pu ajouter les 49 points du CTI (Complément de Traitement Indiciaire) aux grilles indiciaires car le CTI tu l’as ou pas en fonction de ton affectation. Ainsi par exemple une aide-soignante selon le service où elle travaille peut l’avoir ou ne pas l’avoir. C’est pourquoi nous continuons à nous mobiliser pour que le CTI soit attribué à l’ensemble des agents de notre champ professionnel !

26 janvier 2021 – Rapport d’actualité de la Commission Exécutive de l’USD CGT Santé et Action Sociale 04 du 26 janvier 2021 à Digne-les-Bains

1334. Embauchez, formez, on est épuisé

Rapport d’actualité de la Commission Exécutive de l’USD CGT Santé et Action Sociale 04 du 26 janvier 2021 à Digne-les-Bains

Pour commencer sur la situation sanitaire, le gouvernement continue de mettre en place une politique en fonction de la pénurie des moyens, cette fois-ci il s’agit des vaccins. Politique de la 6ème dose. Ensuite, il y a des régions plus touchées que d’autres, certaines sont très peu touchées. Le nombre de malades en réanimations a un peu augmenté, on reste sur un plateau, il n’y a pas d’explosion pour l’instant en France. Alors, il tentent de nous affoler avec ce qui se passe dans un certain nombre de pays.

Il est important de rappeler la campagne européenne, dont la CGT est partie prenante : « Pas de profit sur la pandémie ! », vous pouvez signer la pétition. A ce sujet, il faudrait que les droits sur les brevets sautent ! Il faudrait réquisitionner les usines, comme celles de Sanofi, afin de produire des vaccins !

A noter qu’en pleine incertitude sur le rythme de la campagne de vaccination, Sanofi vient d’annoncer vouloir, encore, supprimer 400 emplois dévolus à la recherche. Le groupe pharmaceutique a touché plus d’un milliard d’euros d’aides publiques en France depuis dix ans via le crédit d’impôt recherche (CIR), un dispositif d’aides publiques qui vise à soutenir et encourager les efforts de recherche des entreprises (130 millions d’euros par an environ). Dans le même temps, Sanofi ne cesse de supprimer des emplois dans sa branche recherche et développement (R&D).

Sur les vaccins, la pénurie a été sciemment créée avec le principe capitaliste « tout ce qui est rare est cher » afin de maximiser les profits en vendant les vaccins à des prix honteux aux pays riches et en ne permettant pas aux pays pauvres de disposer de vaccins aujourd’hui.

Ensuite, autre actualité, nous devons apporter tout notre soutien à Albert Papadacci attaqué par le Groupe Korian, premièrement parce que c’est inacceptable de s’en prendre à un élu du personnel qui en plus est un symbole dans le secteur du privé lucratif, et deuxièmement parce que c’est un modèle que nous combattons puisqu’il s’agit de faire des profits sur nos aînés à n’importe quel prix.

Il faut poser le problème du groupe Korian pendant la crise et de tout le secteur privé lucratif dans les EHPAD qui se font un argent honteux sur les personnes âgées qu’ils appellent l’or gris. Ils n’on rien à faire dans la santé et le médico-social. Et il ne doit pas y avoir d’argent public pour les actionnaires.

Le 11 mars, Albert Papadacci passe au tribunal, il faudra une forte mobilisation ce jour là, ce serait même judicieux d’en faire une journée nationale de lutte contre les discriminations et les répressions syndicales.

La crise sanitaire sert de prétexte à un pouvoir toujours plus autoritaire de nous imposer des restrictions sur nos libertés totalement inédites. Et à côté, la casse des hôpitaux, la casse de notre système de santé et plus globalement de notre modèle social continue. On voit des plans, mis au point avant la crise, continuer à être mis en œuvre, malgré les discours et malgré les difficultés rencontrées.

Des lits continuent à être fermés. Des accords régressifs contre l’organisation du travail et du statut continuent notamment au travers de dispositions prévus dans le Ségur. Pour mettre en place des plans régressifs, le gouvernement a besoin d’organisations syndicales comme il a eu besoin d’organisations pour signer le Ségur. D’ailleurs, on pourrait citer comme déclinaison du Ségur au niveau local, l’exemple de l’APHP où l’accord local est extrêmement régressif.

Dans la période, à la CGT, nous avons besoin d’être très clairs sur nos revendications, d’être très clairs sur la dénonciation de ce qui se met en place, et de ce qui va se mettre en place. Ils n’ont pas bougé d’un iota pendant la crise dans leur stratégie de casse d’avant crise. La crise ne les ralentit pas dans les fermetures, dans les suppressions, dans les restructurations… Et les conditions de travail continuent de se dégrader ! Dans les EHPAD, la situation est particulièrement dégradée… un secteur qui est très touché par le virus et très touché par le manque de moyens !

Et celui qui est chargé de faire le sale boulot aujourd’hui, c’est Véran ! Les injustices sur les 183 euros, c’est Véran ! Et il faut le dénoncer fortement ! Le fiasco des masques, le fiasco des lits de réanimation, le fiasco des tests, le fiasco de la vaccination comme le fiasco du Ségur de la santé, c’est le Ministère de la santé !

C’est pour cela que la décision d’appeler devant le Ministère le 21 janvier pour la mobilisation parisienne va dans le bon sens. Car si on nous impose un confinement et des couvre-feux, tout en continuant de fermer des lits, chacun peut comprendre aisément qu’il y a un non sens évident.

En PACA, la manif régionale à Marseille a aussi voulu pointer du doigt les responsables d’où un départ devant le Conseil Régional et une arrivée devant l’ARS. Le Conseil régional qui ne remplit pas son rôle en matière notamment de financement des formations paramédicales et médicales, et l’ARS qui reste sourde face aux difficultés rencontrées. La manif était à la fois revendicative et festive. Et nous avons besoin des deux aspects dans cette période plus que difficile. Nous avons besoin de continuer à porter nos revendications que la crise a rendu encore plus légitime mais sans négliger la liberté de s’amuser, de chanter ou de danser.

Cette mobilisation nous a permis de faire le lien entre la santé et le spectacle. La santé, c’est aussi le bien être, ce n’est pas qu’une absence de maladie, peut être que c’est un moyen de travailler les convergences et travailler également le moral des militants. C’est ce que nous avons essayé de faire à Marseille le 21 janvier en faisant venir de Bordeaux le chanteur HK (de « On lâche rien ») qui a énormément dynamisé la manif de notre secteur d’activité. Cela permet de continuer à nouer des liens entre les différents départements et entre les camarades qui ont participé. Cela permet de retrouver la « pêche » dans une période où il y a beaucoup de fatalité et de fatigue.

La revendication des emplois a occupé une place majeure dans cette mobilisation du 21 janvier en lien avec notre campagne « Embauchez, formez, on est épuisé ! ». Nous avons besoin de 400 000 emplois dans notre secteur : 100 000 emplois dans les hôpitaux, 200 000 dans les EHPAD et 100 000 dans le reste du médico-social et du social. Et d’ailleurs l’enquête que nous avons menée au niveau national en novembre et décembre confirme totalement cette revendication. La première condition d’amélioration des conditions de travail aujourd’hui, c’est qu’on soit plus nombreux. Cette campagne pour les embauches peut permettre de donner des perspectives et de dynamiser notre activité syndicale.

Au niveau national, dans le cadre de la mission Laforcade la CGT s’est rendue à plusieurs réunions la semaine dernière, avec les autres organisations syndicales. On sent beaucoup d’ambigüité et d’imprécision du ministère. C’est pourquoi la CGT est prudente dans ses communications contrairement à d’autres organisations expliquant « On a gagné » depuis plusieurs mois d’ailleurs à intervalles réguliers. Le communiqué de notre Fédération explique bien ce qui a été dit mais sans vendre du rêve. N’oublions pas le secteur du handicap, le secteur des aides à domicile et les autres secteurs du médico-social et du social ! N’oublions pas les personnels du privé ! N’oublions pas de noter, que sur le Ségur, les mauvais coups ne sont pas encore arrivés ! Et n’oublions pas que seule la mobilisation des personnels fait bouger les lignes ! C’est pourquoi la CGT fait sont Ségur dans la rue avec les personnels ! C’est pourquoi nous continuerons à nous mobiliser dans le froid et sous la pluie, avec lucidité et détermination !

D’ailleurs depuis 3 ans, nous sommes arrivés à mobiliser les EHPAD. L’année dernière c’était les hôpitaux. Là on voit surgir le médico-social et le social. On continue de travailler la convergence.

Ensuite, il ne faut rien lâcher sur les salariés malades du Covid que ce soit dans le public ou dans le privé. C’est quand même scandaleux : sur le jour de carence, sur les primes de présentéisme, sur la reconnaissance en maladie professionnelle comme les personnels sont menés en bateau.

Autre point important, leur volonté de dynamiter l’unité de la fonction publique hospitalière reste intacte malgré le contexte. Le fait que dans la fonction publique, on puisse payer des personnels différemment, 183 euros pour certains, et rien pour d’autres, est à mettre en lien avec la Loi de transformation de la fonction publique avec la volonté de démanteler le statut. Leur volonté est de créer un code du travail par entreprise et un para-statut local dans chaque établissement. C’est pourquoi, il nous faut bien appréhender les conséquences de La loi du 6 août 2019 dont la plupart des décrets sont sortis pendant la crise sanitaire. Pour cela, nous organisons une journée d’étude régionale le 19 février en visio afin de partager nos réflexions sur les différents enjeux.

Enfin, la prochaine journée d’action nationale sera le 4 février. Il s’agit d’une journée interprofessionnelle, la première de l’année. Les problématiques de la santé ne concernent pas seulement les personnels de la santé. La question de l’énergie ne concerne pas que les professionnels du secteur. Les questions d’éducation ne concernent pas que les profs etc… C’est l’ensemble de la population qui est concernée et qui est impactée, donc la réponse doit être collective.

8 décembre 2020 – Le Billet d’humeur de Christophe Prudhomme « Officier de santé »

1274. Ségur de la santé Christophe Prudhomme

Billet d’humeur de la semaine : « Officier de santé »

Le gouvernement essaye de profiter de la crise liée à l’épidémie COVID-19 pour faire voter par le parlement des réformes accélérant la mise en place du monde libéral auquel il aspire. C’est le cas avec la proposition de loi déposée par la députée LREM Valérie Rist.

Un article vise à créer des professions médicales intermédiaires pour, notamment, pallier au manque de médecins. La raison invoquée montre la constance de la logique libérale à l’œuvre depuis les années 1980, puisque ce déficit démographique a été sciemment créé pour justement pouvoir proposer ce type de solutions.

En fait cette appellation renvoie aux officiers de santé qui existaient au 19e siècle et dont la mission était réduite aux premiers secours aux malades et aux blessés. Ils étaient considérés comme une « classe moins relevée dans la hiérarchie médicale ». De fait, dans la société très inégalitaire de cette époque, les médecins exerçaient plutôt dans les villes auprès d’une patientèle plutôt fortunée, alors que les officiers de santé maillaient les campagnes et les faubourgs. Il s’agit donc bien d’accélérer le processus en cours d’une médecine des riches et d’une médecine des pauvres.

Heureusement, les multiples protestations provoquées par cette proposition ont permis un premier recul avec la suppression de la référence à ces professions médicales intermédiaires. Mais l’affaire n’est pas pour autant close car le sujet reste d’actualité avec la création par la loi dite Buzyn de ce qui est appelé les infirmières de pratique avancée. Le dispositif mis en place est présenté comme une réponse à une aspiration légitime de la profession infirmière d’une reconnaissance de l’élévation de leur qualification, sanctionnée par des diplômes de type master. Mais en fait, ce qui se passe sur le terrain est complètement différent avec un glissement de tâches entre les médecins en sous-effectifs et les infirmières, qui a une visée uniquement financière : une infirmière « coûte » moins cher qu’un médecin. Ce d’autant que pour l’instant les niveaux de rémunération promis ne correspondent absolument pas à un niveau de qualification bac+5. Attention, cette question n’est pas uniquement catégorielle mais concerne l’ensemble de la population en termes d’égalité d’accès aux soins.

Dr Christophe Prudhomme

1er décembre 2020 – Le Billet d’humeur de la semaine de Christophe Prudhomme : « Vaccin »

1274. Ségur de la santé Christophe Prudhomme

Le Billet d’humeur de la semaine

« Vaccin »

Les laboratoires pharmaceutiques nous annoncent, à grand renfort médiatique, l’arrivée de vaccins tous plus efficaces les uns que les autres. Cette précipitation est suspecte car son objectif est strictement commercial afin de pouvoir capter immédiatement les plus grosses parts de marché. Il faut donc rester vigilants.

Si le vaccin constitue une arme supplémentaire contre le coronavirus, il ne s’agit pas de l’arme absolue. En effet, le vaccin permet de se protéger contre la maladie mais n’élimine pas le virus qui continue à circuler. Le meilleur exemple est celui de la variole qui a pu être définitivement éradiquée en 1980 alors que le premier vaccin a été mis au point par Edward Jenner en 1796 ! Il est donc nécessaire de continuer à utiliser les autres armes à notre disposition, que sont les mesures barrières et les tests, tant que le virus sera présent, ce qui peut durer encore plusieurs années. L’histoire nous en apprend beaucoup sur ces épidémies. L’actuelle ressemble fortement à celle de la grippe russe qui a sévi pendant plusieurs années à la fin du 19e siècle avec la même cinétique que celle du coronavirus actuel, à savoir des pics brutaux puis une régression tout aussi brutale, sans que nous n’ayons d’explication encore aujourd’hui.

D’autre part, au regard de la suspicion vis-à-vis des vaccins qui existe dans notre pays, un débat très large est nécessaire afin de répondre aux interrogations légitimes de la population. Un vaccin est un médicament avec des effets bénéfiques et des effets secondaires, potentiellement graves. Il est donc toujours nécessaire d’examiner le rapport bénéfices/risques de son utilisation pour les différents groupes de population auxquels il est destiné. Par ailleurs, la rapidité des processus d’homologation peut susciter des interrogations. Ce d’autant que l’opacité des laboratoires pharmaceutiques concernant l’accès à leurs résultats, sous couvert du fameux « secret des affaires », ne peut qu’inquiéter. Il faut se rappeler le drame des premiers vaccins contre la polio dans les années 1950 avec un laboratoire qui avait mis sur le marché un lot de produits qui a inoculé la maladie aux enfants vaccinés.

Alors, oui, les vaccins constituent une des avancées majeures de la médecine moderne. Mais, pour que la campagne de vaccination qui s’annonce soit une réussite, il est urgent que notre gouvernement accepte le débat et les critiques sur sa gestion de la crise jusqu’à ce jour, afin que les citoyens puissent être convaincus de la justesse et de l’efficacité des mesures préconisées.

Dr Christophe Prudhomme

27 novembre 2020 – Reprise de la scolarité des étudiants infirmiers – Une victoire qui en appelle d’autres

1313. Communiqué CGT Santé PACA étudiants infirmiers

De nombreux rassemblements ont eu lieu ces derniers jours dans la région (Marseille, Toulon, Nice…) comme mardi 24 novembre où 600 personnes environ se sont réunies devant le siège de l’ARS PACA (300 étudiants infirmiers et 300 CGT environ). Une délégation a été reçue par la direction de l’ARS.

POUR VOIR LE COMMUNIQUE COMPLET : CLIQUER ICI

20 novembre 2020 – Intervention lors de la C.E. Fédérale du 17 novembre 2020 : « Affinons notre connaissance des besoins sur le terrain pour renforcer nos exigences en matière d’emplois » (Cédric Volait)

1311. Infirmier pas machine

Intervention lors de la Commission Exécutive Fédérale CGT Santé et Action Sociale du 17 novembre 2020 – « Affinons notre connaissance des besoins sur le terrain pour renforcer nos exigences en matière d’emplois » (Cédric Volait) :

Mutualiser la pénurie, mutualiser la misère, ne règle aucun problème particulier mais au contraire renforce fortement la fragilité et la vulnérabilité de l’ensemble du système.
Ce n’est pas de plus de regroupements, de plus de concentration, de plus de fusions dont nous avons besoin mais c’est de donner les moyens à chaque établissement de fonctionner correctement et se donner les moyens d’avoir une égalité de prise en charge sur l’ensemble du territoire quelque soit l’endroit où on habite et quelque soit le revenu qu’on a.
Ce n’est pas de plus de souplesse comme certains le demandent dont nous avons besoin (souplesse en matière de règles sanitaires, souplesse en matière de gestion des ressources humaines…). Ce n’est pas des règles dont nous avons besoin de nous affranchir mais c’est de la pénurie elle-même.
Ce dont nous avons besoin c’est de plus de régulation.
A ce sujet, les ARS ne doivent pas servir seulement à compter l’argent et les fermetures de lits quand tout va bien, et compter les morts quand tout va mal, mais elles doivent jouer un rôle central dans cette régulation.
Donc, deux problèmes majeurs :
– Un problème de moyens
– Un problème de régulation

Si on les laisse faire, ils vont complètement évacuer la question de l’embauche, qui est pourtant indispensable, et ils vont plutôt aller vers la problématique de la gouvernance et la question de la renégociation des accords locaux sur la gestion du temps de travail.

Si on les laisse faire, ils vont vouloir aller vers davantage d’autonomie pour les directions d’établissements afin d’avoir plus de souplesse :
– pour passer les marchés publics
– pour gérer les blocs opératoires et les lits de réanimation
– pour la gestion des personnels et jongler sur les horaires
– pour les glissements de tâches (afin que des infirmières puissent réaliser des missions de médecins par exemple)
Etc…

Si on les laisse faire, ils vont vouloir aller vers davantage de concentration / rationalisation :
Nous sommes sur un schéma de concentration dans un objectif d’optimisation au service lui même d’un objectif de gains de productivité. Ce schéma a des effets pervers, et on les voit de plus en plus, comme la disparition des hôpitaux de proximité ou leur très forte dégradation. La Crise Covid a montré les limites de cette concentration hospitalière où de nombreuses activités ont du être arrêtées alors qu’elles auraient pu être beaucoup mieux réparties entre les différents établissements s’ils n’avaient pas fermé autant de services et autant de lits.
Donc, la très forte concentration augmente la vulnérabilité du système.
D’où l’importance de ne pas accepter la définition de Madame Buzyn où les hôpitaux de proximité ne sont plus que des coquilles vides sans urgences, sans chirurgie, sans maternité etc…

Dans les évolutions en cours, on pourrait citer également :
– la mise en place de pôles territoriaux dans le Grand Est avec dans un second temps la volonté de suppression des directions d’établissements
– ou encore le projet de création d’un Groupement de Coopération Social et Médico-Social (GCSMS) de très grande envergure réunissant les établissements de la FPH et FPT de la région Rhône Alpes / Auvergne (soit 12 départements concernés)

Il faut arrêter de mutualiser la pénurie, il faut arrêter les politiques d’austérité dans un système de santé où les besoins augmentent. Il y a eu une série de plans pour l’hôpital (juillet 2019, novembre 2019 etc…) suite à un mouvement de protestation de fond des personnels des Urgences, puis des autres services. Il y a eu le Ségur de la Santé de juillet 2020. Ces plans sont insuffisants mais ils ont au moins le mérite de montrer que la mobilisation des personnels fait bouger les lignes.

Quand je regarde des sondages sur l’hôpital public en France l’un des principaux constats des français c’est : le manque de moyens et plus particulièrement le manque de personnels hospitaliers.

Et c’est totalement en lien avec notre campagne actuelle sur des embauches massives en mettant en avant les besoins d’emplois, les besoins de formation et la nécessité de rapidement apporter des réponses concrètes et significatives.

Est-ce que la France veut continuer de répondre à l’augmentation des besoins et d’avoir un hôpital public dont la vocation est de soigner tout le monde quelque soit où il habite et quelque soit ses revenus, et avec la même qualité ?
Et si oui, alors on doit mettre les moyens nécessaires pour y arriver.

Dans un monde où nous sommes toujours plus dans la propagande idéologique, dans les slogans, dans les discours vides et creux comme jamais on l’a été, notre force réside dans le factuel. Et c’est comme cela qu’on a réussi à obtenir des victoires, ces dernières années, ces derniers mois. Ils sont en difficulté quand on met en avant des chiffres précis sur les rémunérations, sur les conditions de travail, sur la pénibilité… C’est pourquoi sur la question des embauches, nous avons aussi besoin d’être précis.
Quand on démontre qu’en terme de salaire, nous faisons partie des derniers pays de l’OCDE, cela parle à la population. Et quand ils ferment des services d’urgence et qu’ils mettent en danger la population simplement par idéologie, là encore c’est du concret : quand un enfant arrive aux Urgences la tête ouverte, et qu’on le refuse, et qu’on lui dit d’aller à un autre hôpital à 45 minutes de voiture, c’est du concret.
Et en ce moment, l’une de nos grandes batailles, c’est sur l’emploi. Quand on regarde la France par rapport à de nombreux autres pays européens, on n’est pas bien placé en terme de ratio personnels/patients. Ils aiment bien nous parler de ratios mais uniquement quand ça les arrange. C’est un peu comme avec ce gouvernement, il aime bien la liberté d’expression mais uniquement quand ça va dans son sens.
C’est pourquoi, nous avons besoin de monter en puissance sur la campagne sur les embauches pour encore les mettre en difficulté, et encore les faire plier. Ils vont devoir nous rendre des comptes sur la question des emplois.
Après c’est à nous à faire l’effort, c’est à nous à maîtriser les sujets, car il y a de nombreux syndicats qui sont incapables de donner des chiffres précis sur les besoins d’embauches dans leur établissement.
Il faut pouvoir répondre aux questions :
Combien il manque d’emplois dans le département ?
Combien il manque d’emploi aujourd’hui sur l’établissement ?
Combien il manque d’emplois service par service ?
Mais également profession par profession ?
Et cette campagne permet de servir de support pour permettre aux syndicats d’affiner leurs revendications pour pouvoir mieux les porter.
C’est la multiplication des luttes qui fait bouger les lignes et qui fait qu’on a des discours (de politiques, d’éditorialistes, de la FHF…) qui s’inversent complètement.

Pour conclure, Jean Monnet expliquait que « Les hommes n’acceptent le changement que dans la crise ». Une situation de crise facilite une acceptation du changement par la population mais c’est vrai également pour les dirigeants. Donc, il faut renforcer notre engagement et renforcer la pression ! Le 5 décembre devra être un moment fort de cette campagne pour les embauches !

>> POUR VOIR LE DOCUMENT COMPLET : CLIQUER ICI