20 février 2022 – Accidents du travail – Les morts invisibles

1392. Accidents du travail - Les morts invisibles

Emmanuel Macron n’aimait pas le mot « pénibilité » car ça voudrait dire que le travail est pénible. Cette Une de Libération et le dossier à l’intérieur sont assez rares pour le signaler. Et oui, le travail abîme, voire tue !!!

Ce gouvernement a fortement affaibli l’inspection du travail, supprimé les CHSCT dans le privé, programmé la fin des CHSCT dans le public au 1er janvier 2023, favorisé la sous-traitance, et réduit les droits des salariés… Cela permet de mieux comprendre la situation.

Une fille explique comment son père est mort sur son lieu de travail et comment chacun se renvoie la balle, personne ne veut être responsable… Et au final on a l’impression que c’est le travailleur le seul responsable…

Dans cette campagne présidentielle, on parle d’allongement de la durée du travail… On parle des français qui ne travaillent pas assez… Mais on ne parle pas du travail qui rend malade !

On apprend notamment dans cet article qu’il y a plus d’accidents mortels en France que dans les autres pays d’Europe.
Nous sommes dans une société de la maltraitance.
Pendant combien de temps on va accepter ça ?

3 janvier 2022 – Syndicalisme : D’où vient-on ? Où en est-on ? Et où va-t-on ? (avec Stéphane Sirot)

1386. Entretien avec Stéphane Sirot sur le syndicalisme

Meilleurs vœux à toutes et à tous !!!
Un petit cadeau pour cette nouvelle année pour toutes celles et tous ceux qui refusent de baisser la tête.

Ci-joint une vidéo d’échanges avec Stéphane Sirot, historien, spécialiste du syndicalisme et des mouvements sociaux, afin d’apporter de la fraîcheur, du dynamisme à notre réflexion et à notre engagement pour cette nouvelle année pour gagner des revendications qui portent des outils d’émancipation, travailler à une société plus juste et imaginer une société au-delà du capitalisme.

« Syndicalisme : D’où vient-on ? Où en est-on ? Et où va-t-on ? (avec Stéphane Sirot) »
Pour voir la vidéo, cliquer sur ce lien : CLIQUER ICI

Sommaire de la vidéo :

0mn00s : La Loi de 1884 et la légalisation des organisations syndicales en France

4mn07s : Les objectifs de la classe dominante n’ont pas changé de 1884 à 2021

7mn46s : Le mot « Exclusivement » a particulièrement fait débat en 1884 pour tenter de « museler » les organisations syndicales

10mn40s : En quoi consiste le modèle CGT d’origine et comment il a évolué ?

19mn38s : Le leurre de la notion de « dialogue social » et l’offensive contre le modèle CGT

27mn57s : Les lueurs d’espoir et les enseignements de la mobilisation gagnante de 2006 (le temps de la mobilisation sociale, c’est le temps de la légitimité)

35mn09s : Depuis 2016, loin de tout sentiment de résignation, la contestation dans le pays est permanente et très forte… On note surtout une transformation de cette contestation voire même un enrichissement de cette panoplie conflictuelle

46mn04s : Quelles perspectives pour les années à venir ? Et quelle évolution du militantisme pour le futur proche pour gagner en efficacité ?
Quelques pistes :
– le rapport de force doit primer sur le rapport de droit
– réinvestir l’idée de transgression
– fusionner militantisme et activisme
– penser un travaillisme révolutionnaire

1h00mn09s : Fin

23 juin 2020 – Le bulletin d’humeur de Christophe Prudhomme – Abstention

1364. Christophe Prudhomme, médecin urgentiste

Bulletin d’humeur de la semaine

Abstention

En médecine, l’abstention thérapeutique est la cessation ou la non-initiation d’un traitement dans trois situations : lorsque celui-ci est refusé par un patient, qu’il n’est pas dans l’intérêt du patient ou qu’il correspond pour le patient à un fardeau disproportionné par rapport au but visé.

Le décès du patient peut être une conséquence de ce choix, cependant, contrairement à l’euthanasie, le décès n’est pas l’objectif poursuivi. Au regard de l’abstention massive qui a caractérisé les dernières élections régionales et départementales, il est intéressant de rechercher les analogies entre ces deux situations.

Lorsque le patient refuse un traitement, il faut un choix délibéré en ayant analysé sa situation et pesé le pour et le contre de l’action. En ce qui concerne le domaine politique, il en va de même dans la grande majorité des cas : ne pas se déplacer pour aller voter résulte bien d’un choix réfléchi, même de manière inconsciente, car le citoyen ne voit pas quel bénéfice pourrait lui apporter son geste.

La question de l’intérêt peut être abordée dans les deux acceptions du terme. Dans le sens de la curiosité ou de l’attrait, nous ne pouvons que faire le constat que le débat politique actuel intéresse peu et que la confiance dans les femmes et les hommes politiques est aujourd’hui au plus bas.

Quand il s’agit de l’intérêt qui constitue un avantage, qui apporte quelque chose, là aussi, l’électeur ne voit pas quel bénéfice il peut tirer de son acte, alors il s’en abstient.

Le troisième terme est encore plus intéressant. Il s’agit de la disproportion entre l’investissement que nécessite l’action d’exercer son droit de vote et l’objectif visé qui est que cela change quelque chose au quotidien du citoyen et réponde à ses souhaits et aspirations.

Car il ne s’agit pas simplement de mettre un bulletin dans l’urne mais bien de suivre et de s’intéresser à la vie de la cité et à ceux qui l’organisent, ce qui signifie du temps et un engagement. Le plus important semble enfin la conséquence de ce choix. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir s’il n’est pas le chemin qui mène à la mort de notre démocratie parlementaire façon 5e République.

Dr Christophe Prudhomme

27 avril 2021 – Billet d’humeur de la semaine de Christophe Prudhomme « Docteur junior »

1274. Ségur de la santé Christophe Prudhomme

Billet d’humeur de la semaine

Docteur junior

Une nouvelle réforme des études médicales a allongé la période de l’internat qui s’étale maintenant sur 4 à 6 ans selon les spécialités. Cela signifie que les jeunes médecins ne peuvent vraiment exercer pleinement leur métier qu’au bout de 10 à 12 ans d’études. En fin de cursus, sous réserve d’avoir validé leur thèse de doctorat, les internes obtiennent le titre de « médecin junior » et peuvent donc travailler à l’hôpital comme médecin avec toutes les responsabilités afférentes, mais ils continuent à être payés comme internes.

En fait il s’agit de la transposition de ce qui existe dans d’autres secteurs d’activité avec les stagiaires en fin d’études qui occupent des postes de salariés à responsabilité tout en étant sous-rémunérés. Ce qui est scandaleux est que ce sont les fameux praticiens hospitalo-universitaires, c’est-à-dire les professeurs de médecine, qui ont imposé cette réforme au gouvernement qui a sauté sur l’occasion pour pouvoir faire fonctionner les hôpitaux au moindre coût en bénéficiant d’une main d’œuvre qualifiée, taillable et corvéable à merci.

La crise actuelle a mis en lumière de manière brutale ce système de surexploitation des jeunes médecins qui, restant sous tutelle et étant dans l’obligation de remplir leur service pour valider la fin de leur cursus, ont été contraints de multiplier les heures et les nuits de travail pour assurer le fonctionnement de l’hôpital dans un contexte de pénurie de praticiens hospitaliers titulaires.

En effet, il faut savoir qu’au-delà des fermetures massives de lits qui nous font cruellement défaut aujourd’hui, l’hôpital public manque dramatiquement de médecins avec 25 % des postes de titulaires vacants. Et encore ce n’est qu’une moyenne ! Dans le secteur de la réanimation, essentiel aujourd’hui, le déficit est estimé à 1 000 médecins. La solution d’avenir ne peut être de pressurer les plus jeunes au risque de les dégoûter, voire même pire avec l’augmentation du nombre de suicides chez les internes constatée ces derniers mois, très souvent dans un contexte d’épuisement professionnel.

Dr Christophe Prudhomme