18 septembre 2020 – La marchandisation de nos données de santé continue… même en période de Covid

1294. BD sur la plateforme des recueils de données de santé

Ils sont en train de transformer rapidement, et sans débat, la médecine et notre système de santé en souhaitant faire de chacun d’entre nous « des patients connectés » en mettant par exemple en place le passage du dossier numérique de santé à la e-consultation avec « Le rendu obligatoire des prescriptions dématérialisées » ou bien en ayant un dossier médicalisé accessible par les différents acteurs de la santé. C’est le début de nouveaux marchés très juteux, de profonds changements… mais également d’un risque important de dérives…

C’est pourquoi nous devons réinterroger la place de l’humain (soignants, patients…) dans notre société. Dans ce contexte, la question du stockage, de la gestion des données est majeure. Nous aurions besoin de mettre en place un pôle publique de la collecte des données !

Pourtant, ce n’est pas le chemin que prend le gouvernement actuel, on l’a encore vu cet été avec la décision de confier l’hébergement de nos données de santé au géant américain Microsoft. Cela pose notamment de sérieuses questions de souveraineté… mais pas que.

Il y a un Blog très intéressant sur ces questions là qui essaie d’expliquer ce sujet de manière accessible sous forme de bande dessinée. Nous vous conseillons la lecture de l’article « Ecran bleu… de la santé ».

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15 septembre 2020 – Billet d’humeur de Christophe Prudhomme – Des emplois

1274. Ségur de la santé Christophe Prudhomme

Billet d’humeur de Christophe Prudhomme

Des emplois

Après une préparation médiatique intense qui nous avait déjà annoncé ce qu’allait dire le premier Ministre, nous ne pouvons que rester très critique sur la prestation de Jean Castex vendredi dernier. La seule annonce concrète faite lors de cette intervention est la création de 2 000 emplois dans les ARS et l’Assurance maladie pour assurer le traçage. Mais ce ne sont pas de contrôleurs dont nous avons besoin, monsieur Castex mais de personnels pour ouvrir rapidement des lits de réanimation dans les hôpitaux. Il s’agit là d’une nouvelle illustration d’une orientation axée autour du contrôle et de la restriction des libertés, alors que notre problème principal pour gérer l’épidémie avec un nombre de malades graves qui augmente, mais heureusement de manière limitée pour l’instant, sont les capacités hospitalières. Or nous sommes en situation de tension car nous sommes revenus au monde d’avant avec un nombre de lits de réanimation insuffisant déjà pour prendre en charge les malades liés à l’activité classique des hôpitaux qui a repris depuis la fin du déconfinement. Activité dense car il a fallu rattraper le retard pris lors du pic de l’épidémie. Il est évident que dans ces conditions de fonctionnement à flux tendu, les quelques dizaines de malades de la COVID-19 supplémentaires engendrent une situation de crise.

Il est urgent pour les semaines qui viennent et pour l’hiver prochain, mais aussi pour les années à venir au regard de l’évolution des besoins, d’augmenter très rapidement nos capacités en lits de réanimation d’au moins 50 %. Ce n’est pas excessif car même avec ces environ 8 000 lits nous serions encore en-dessous de ce qui existe de manière permanente en Allemagne par exemple. Le personnel formé existe, ce sont les volontaires qui ont permis d’armer les lits supplémentaires au pic de l’épidémie. Il faudra bien entendu le remplacer dans leurs services et des embauches sont donc nécessaires immédiatement bien au-delà de ce qui a été promis lors du Ségur de la santé. Gouverner, c’est prévoir. Il est donc essentiel de répondre dès maintenant à cette exigence d’augmentation capacitaire, seule mesure qui nous permettra d’éviter une situation de rupture, comme en mars et avril, qui a été à l’origine d’une surmortalité évitable pour les patients réanimatoires.

Dr Christophe Prudhomme

8 septembre 2020 – Réanimation – Billet d’humeur de Christophe Prudhomme

1274. Ségur de la santé Christophe Prudhomme

Billet d’humeur de la semaine

« Réanimation »

Le virus circule toujours et le nombre d’hospitalisations qui était très faible, notamment en réanimation, augmente légèrement nationalement et de manière un peu plus marquée dans les Bouches-du-Rhône. Mais pourquoi cette inquiétude de la part du gouvernement ? La réponse est facile à trouver. Après la crise, nous sommes revenus à notre nombre très réduit de lits de réanimation, soit 5 500 nationalement. Ce qui représente un chiffre rapporté à la population très inférieur à ce qui existe dans d’autres pays qui, face à un nombre de patients similaire, n’ont pas connu la crise que nous avons subie avec la nécessité de stopper quasiment toute activité hospitalière pour ouvrir en catastrophe des lits de réanimation.

Le ministre de la Santé après le pic de l’épidémie s’était félicité du fait que « l’hôpital avait tenu » et que le concept de « lits saisonniers » était la bonne solution. Et bien, monsieur le ministre la vie vous donne tort. Il était prévisible que, sans parler de « deuxième vague », le nombre de malades atteints de la COVID-19 nécessitant une hospitalisation allait augmenter du fait du retour à une vie économique et sociale proche de la normale. Sans vaccin, avec uniquement les masques et une capacité à tester insuffisante et désorganisée, il était évident qu’il fallait mettre nos hôpitaux en situation de pouvoir augmenter leurs capacités en cas de besoin. Or rien n’a été fait, aucune ouverture de lits, pas de recrutement de personnel et un Ségur de la santé qui a largement déçu les professionnels. Alors, oui, il manque des lits de réanimation à Marseille comme il en manque dans toute la France. Il y a urgence à former et à embaucher du personnel pour augmenter de manière conséquente nos capacités hospitalières. La politique du flux tendu, de l’ambulatoire et de la diminution des durées moyennes de séjour montre ici ses limites. Un hôpital doit toujours disposer de capacités en réserve pour justement être prêt à gérer les situations de tension qui surviennent maintenant régulièrement, chaque hiver car il y a la grippe et chaque été car il fait chaud ! La logique productiviste doit cesser et il faut accepter qu’il y ait des lits vides avec du personnel qui a le temps de se former, de prendre ses vacances et aussi parfois de prendre des pauses.

Il s’agit de revenir au bon sens pour les services publics essentiels pour la population. L’application aux services d’incendie de la même logique qu’à l’hôpital signifierait la fermeture de nombreux centres de secours et l’envoi à la casse de nombreux engins car ils ne servent que trop peu souvent. Serait-ce acceptable ? Non, comme cela ne doit pas l’être pour les hôpitaux face à des situations de crise récurrentes et donc prévisibles.

Dr Christophe Prudhomme

24 août 2020 – Note du Ministère de la santé du 20 août 2020 sur les tests Covid

Note ministère de la santé tests Covid


Ci-joint une note du Directeur Général de la Santé à l’adresse des professionnels de santé précisant les modalités des tests Covid.


POUR CONSULTER LA NOTE : CLIQUER ICI

Plusieurs éléments sont à retenir :
– il est recommandé de faire un test à la fin de son congé avant sa reprise du travail ainsi que dans d’autres cas (symptômes, participation à des rassemblements…)

– quel que soit l’endroit où ce test est réalisé (établissement ou laboratoire privé), les résultats doivent être transmis à la médecine du travail (et pas à la Direction).

– Certains Directeurs outrepassent aujourd’hui allègrement leurs prérogatives :
* en imposant depuis quelques semaines des tests à des cadences soutenues
* en exigeant directement des laboratoires les résultats de ces tests au mépris du secret médical et du rôle de la médecine préventive

Nous gérons cette problématique avec la plus grande vigilance. Merci de nous informer de tout problème sur le sujet.

17 août 2020 – Covid-19 : une possible pénurie de gants inquiète les professionnels de santé

1283. Covid-19 pénurie de gants (1)

1283. Covid-19 pénurie de gants (2)


Publié le 11/08/2020 – Le Point

Après le gel hydroalcoolique et les masques jetables, un autre produit indispensable à la lutte contre l’épidémie de coronavirus se raréfie progressivement : les gants. France Info a ainsi recueilli les témoignages de professionnels de santé inquiets.

En cause, notamment, « les tests PCR à domicile [qui] s’accélèrent », selon Jean-Michel Elvira, ancien président de l’Onsil, l’Organisation nationale des syndicats d’infirmiers libéraux. Ce dernier prévient d’ailleurs : « Si nous n’avons plus de gants, nous arrêterons de faire des tests PCR. » Et d’ajouter : « Nos fournisseurs habituels sont en rupture de stock et les prix explosent. » L’infirmier détaille aussi qu’il avait l’habitude de se procurer des gants à un prix compris « entre quatre et cinq euros la boîte de 100. Aujourd’hui, ils coûtent entre 13 et 15 euros… Quand on en trouve. »


Le risque d’un « mésusage des gants »

Les autorités ont elles aussi constaté cette pénurie à venir. La Direction générale de la santé (DGS) évoque ainsi une « hausse de la consommation, entre cinq et 20 fois la demande normale selon le type d’EPI (équipement de protection individuelle) ». Du côté des producteurs, la Malaysian Rubber Glove Manufacturers Association (Margma), un regroupement de fabricants de gants en caoutchouc malaisien qui produit environ 20 % des gants en latex vendus dans le monde, anticipe une hausse de 20 % de la demande mondiale.

En France, la DGS a donc sollicité la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H) afin qu’elle dresse une série de « mesures d’utilisation de gants à mettre en place dans le cas d’une éventuelle pénurie », selon le Dr Bruno Grandbastien, président de la SF2H. Le médecin précise que « la réalisation d’un test PCR est un geste qui nécessite le port de gants, car il y a un contact avec la muqueuse nasale. Tout comme la prise de sang ». En revanche, « il n’est pas utile de porter des gants pour la prise en charge d’un patient ou d’un résident d’un Ehpad par exemple », rappelle-t-il. « Un mésusage des gants à usage unique contribue à augmenter les risques d’autocontamination. Le recours à la friction hydroalcoolique est à privilégier », alerte encore le président de SF2H.

4 août 2020 – Reconnaissance du Covid-19 comme maladie professionnelle : « Tout est fait pour limiter le nombre de bénéficiaires »

1280. Reconnaissance du Covid comme maladie professionnelle


Reconnaissance du Covid-19 comme maladie professionnelle : « Tout est fait pour limiter le nombre de bénéficiaires »

Par Louis Naudau
Article publié dans le journal « Marianne » le 30/07/2020 :

Représentants syndicaux et associatifs ne cachent pas leurs inquiétudes après la révélation d’un projet de décret concernant la prise en charge du Covid-19 en tant que maladie professionnelle, bien en deçà des premières annonces du gouvernement.

Auront-ils droit à davantage que des médailles et des applaudissements aux fenêtres ? Alors que la publication du décret définissant les contours de la prise en charge du Covid-19 en tant que maladie professionnelle se fait encore attendre ce mercredi 29 juillet, représentants syndicaux et associatifs ne cachent pas leurs inquiétudes après la révélation d’un projet de texte revenant en grande partie sur les premières annonces du gouvernement.

Le 30 juin dernier, le ministère du Travail semblait s’orienter vers une indemnisation large, obtenue automatiquement pour le personnel médical ayant été malade, et de manière facilitée pour le reste des travailleurs en première ligne pendant l’épidémie. Au lieu de cela, un projet de décret, révélé début juillet par Le Monde et que Marianne a pu consulter, introduit une conditionnalité pour les « soignants » et préfigure une usine à gaz administrative pour les salariés souhaitant faire reconnaître « leur » Covid-19 comme une maladie professionnelle. « Il y a une distorsion considérable entre les annonces et le dispositif que dessine ce projet de décret », explique à Marianne Morane Keim-Bagot, Professeure de droit à l’Université de Bourgogne et auteure de la thèse De l’accident du travail à la maladie : la métamorphose du risque professionnel.

Les intentions de l’exécutif à l’égard des soignants semblaient pourtant claires. Le 23 mars, le ministre de la Santé, Olivier Véran déclarait devant la presse : « Pour tous les soignants qui tombent malades, le coronavirus sera reconnu comme maladie professionnelle. » Et d’insister : « C’est la moindre des choses, il n’y a aucun débat là-dessus. » L’enjeu pour les médecins et infirmières, comme pour le reste des travailleurs, est de taille : la reconnaissance d’une maladie professionnelle permet en effet une prise en charge des frais de soins totale par l’assurance maladie, de meilleures indemnités journalières – 60% du salaire journalier de base entre le 1er et le 28ème jours d’arrêt, puis 80% à partir du 29ème jour – et l’attribution d’une indemnisation, sous forme de rente ou de capital, en cas d’incapacité permanente ou décès pour les ayants droit. En outre, la maladie professionnelle permet au salarié de demander des dommages et intérêts à son employeur pour faute inexcusable.


>> « UN SIGNE DE MÉPRIS »

Le 30 juin, le ministère du Travail a repris la promesse d’Olivier Véran à son compte, en introduisant cependant la notion de « sévérité » : « Les soignants atteints du Covid-19 dans sa forme sévère verront leur maladie systématiquement et automatiquement reconnue comme une maladie professionnelle », peut-on lire sur le site Internet du ministère. Pour mémoire, la sécurité sociale tient un tableau de pathologies, chacune accompagnées de critères : délais maximum de prise en charge, durées minimales d’exposition au risque et listes d’activités concernées.

Un salarié remplissant ces critères n’a pas à prouver le lien entre son activité et sa maladie : « Est présumée d’origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau », prévoir en effet l’article L461-1 du code de la sécurité sociale. En revanche, si la maladie ne figure pas dans l’un de ces tableaux, c’est au salarié qu’incombe la charge de la preuve.

Or, à lire le projet de décret du gouvernement, ce dernier souhaiterait retenir une définition très restrictive du Covid-19 dans un nouveau tableau dédié spécifiquement au coronavirus. Dans la colonne « désignation des maladies », on peut en effet lire : « Affections respiratoires aigües causées par une infection au SARS-CoV2, confirmée par examen biologique ou scanner ou, en leur absence, par une histoire clinique documentée (compte-rendu d’hospitalisation, documents médicaux) et ayant nécessité une oxygénothérapie, attestée par des compte-rendus médicaux, ou ayant entraîné le décès. »

Autrement dit, la prise en charge automatique du Covid-19 en tant que maladie professionnelle se limiterait pour les soignants aux cas ayant nécessité une assistance respiratoire. « C’est un signe de mépris pour ceux qui se sont exposés au danger », s’indigne Nadine Herrero, présidente de la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath), auprès de Marianne. « C’est un projet de décret très restrictif, qui sera source de recours en justice en raison du flou entourant la notion de sévérité. Devant un tribunal, ça ne résistera pas à une expertise médicale », renchérit Christophe Prudhomme, porte-parole de l’association des médecins urgentistes français et syndicaliste CGT, regrettant que le gouvernement soit revenu sur sa promesse d’automaticité : « Nous la demandions également en raison de la surcharge de travail subie par les services administratifs au gros de la première vague. Ils n’ont pas toujours pu suivre », précise le médecin.

La définition étroite retenue dans cette ébauche de décret est d’autant plus incompréhensible pour lui que la connaissance scientifique du Covid-19 est encore floue : « On ne connaît pas les effets à long terme du Covid-19 sur les poumons par exemple », avance Christophe Prudhomme. « Certains de mes collègues ont été malades, se sont soignés avec les moyens du bord sans avoir besoin d’assistance respiratoire, mais ressentent encore aujourd’hui de la fatigue ou souffrent d’essoufflements. » Nadine Herrero abonde en ce sens : « Les critères sont beaucoup trop limitatifs pour des séquelles dont on ne connaît pas encore l’étendue, explique-t-elle, on prend le même chemin que pour l’amiante. » Autre motif d’inquiétude pour la Fnath : le délai 14 jours prévu par le décret pour faire constater sa maladie après la fin de l’exposition au risque. Trop court selon l’association, puisque, même si la durée d’incubation moyenne du Covid-19 est de 3 à 5 jours, les premiers symptômes peuvent apparaître jusqu’à deux semaines après la contamination.


>> « COMPLEXITÉ BYZANTINE »

Pour les salariés n’appartenant pas à la catégorie des « soignants » – livreurs, caissiers et autres véritables « premiers de cordée » – ou ne remplissant pas les conditions fixées par le tableau de l’assurance maladie, la partie s’annonce encore plus compliquée. Ils devront saisir, selon le texte du projet de décret, « un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles unique, dédié aux maladies liées au Covid-19, afin d’en harmoniser le traitement ». « Ces comités vont être immédiatement surchargés », s’inquiète Nadine Herrero. De son côté, le ministère du Travail assurait le 30 juin que « des recommandations seront adressées [au comité] pour faciliter la reconnaissance de maladie professionnelle pour les salariés atteints de la Covid-19 dans sa forme sévère, pour les activités réalisées en présentiel pendant la période de confinement ».

Reste que, comme expliqué plus haut, c’est le salarié qui devra faire la démonstration du lien entre sa contamination par le Covid-19 et son travail dans cette procédure. Plutôt coton, dans le cas d’une épidémie si largement répandue et difficile à pister. « La meilleure stratégie sera peut-être de faire jouer les présomptions, en réunissant un faisceau d’indices », avance Morane Keim-Bagot. « Il faudra montrer qu’il y a eu tant de personnes contaminées sur le lieu de travail, éventuellement produire les sérologies des autres membres de la famille pour exclure cette origine… ». La professeure de droit est toutefois dubitative : « Je pense que ça va être d’une complexité byzantine, sauf hélas pour les ayants droits de victimes décédées. Beaucoup de salariés n’arriveront pas à prouver ce lien. En tout cas tout est fait pour… »

Morane Keim-Bagot alerte également sur un autre recul discret entre les annonces gouvernementales et le texte en préparation : initialement, la reconnaissance du Covid-19 comme maladie professionnelle ne devait pas être conditionnée, comme c’est le cas d’ordinaire pour les autres pathologies, par la constatation d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 25% des salariés. « Dans le cadre de cette procédure simplifiée, aucun taux d’incapacité permanente ne sera notamment exigé », peut-on encore lire sur le site du ministère du Travail. « Cette disposition a purement et simplement disparu dans le projet de décret », constate la juriste.

« Tout est fait pour limiter le nombre de bénéficiaires », soupire lui aussi Christophe Prudhomme. « C’est un gouvernement de boutiquiers, qui fait des promesses tant que nous sommes au front, le nez dans le guidon », ajoute le médecin, pour qui la différence entre les annonces initiales et le projet de décret n’a pas d’autre raison que l’application d’une logique comptable. En effet, si l’employeur ne financera pas directement l’indemnisation d’un salarié atteint de Covid-19, ce sont bien ses cotisations à la branche dite « AT-MP » (accident du travail et maladie professionnelle) de la sécurité sociale qui serviront à payer. « Un arrêté prévoira la mutualisation de cette dépense entre tous les employeurs dans la part mutualisée de leur cotisation accidents du travail et maladies professionnelles », explique le site du ministère du Travail. In fine, ce sont donc les employeurs qui paieront. Une contribution que le gouvernement semble vouloir limiter le plus possible. « On a préféré l’aide aux entreprises à l’aide aux victimes », grince Nadine Herrero.