6 février 2019 – Le mensonge est-il devenu la norme ?

Fermeture de la maternité de Creil

Nous sommes dans un contexte d’inversion du sens des mots de plus en plus fort pour faire accepter une politique inacceptable.

Dans son discours à Davos l’année dernière, Macron expliquait que le capitalisme créait de plus en plus de problèmes et d’inégalités. Cependant, loin de le remettre en cause, il expliquait qu’il fallait mieux expliquait aux peuples que le capitalisme c’était bon pour eux. On voit bien que nous assistons à une bataille idéologique, et au delà à une bataille des mots de grande ampleur.

Ci-joint un nouvel exemple qui s’est déroulé hier à l’assemblée nationale relatif à la fermeture de la maternité de Creil : CLIQUER ICI

3 février 2019 – EHPAD : une prime pour les aides-soignantes ?

Buzyn prime aide-soignante EHPAD

Rien n’est réglé pour la situation des EHPAD publics où la ministre a annoncé une « prime » pour les aides-soignantes pour 2019.
Et pour les EHPAD privés ? Et pour les autres professions ? Et pour les autres fonctionnaires ? Rien ne semble prévu à ce jour. Cette « mesurette » serait seulement pour les AS des EHPAD publics.

Notre première réaction a été : C’est de l’enfumage, du clivage et de la discrimination.

Il y a probablement aussi une volonté de casser le mouvement des EHPAD qui tourne beaucoup autour des aides-soignantes.

Ensuite, le Plan Santé semble prévoir de donner plus de travail aux aides-soignantes des EHPAD afin de désengorger les Urgences. Cette « primette » permettrait peut être de mieux faire passer la pilule. Un peu comme les infirmières la nuit où ils en ajoutent un peu en prétendant que c’est pour aider les EHPAD alors que leur volonté première est de faire baisser les hospitalisations et les passages aux Urgences. Leur feuille de route est de mettre 1000 lits d’hospitalisation dans les EHPAD.

Une des autres raisons possibles est que les aides-soignantes expriment une grande souffrance qui est de plus en plus visible aux yeux des citoyens au travers notamment de nombreux reportages TV et articles de presse suite à la mobilisation des EHPAD. Cela met en avant qu’on n’arrive pas à s’occuper correctement des personnes âgées. Au niveau politique, pour eux, c’est une faiblesse. Les citoyens ne peuvent pas accepter que nos aînés ne soient pas bien pris en charge faute de moyens. Il s’agit de la prise en charge d’humains qui sont vulnérables. Le gouvernement a peut être plus de difficulté à balayer ce sujet d’un revers de main comme il le fait pour beaucoup d’autres.

Concernant la prime, bien entendu, on ne peut pas être contre mais nous sommes avant tout pour une revalorisation salariale conséquente et appliquée à l’ensemble des personnels. A noter également qu’une prime n’est pas prise en compte pour la retraite. Il est affligeant ce gouvernement ! Allez, séparez-vous de quelques assiettes pour ceux qui ne sont « rien ».

Maintenant, la ministre explique que ce ne serait plus vraiment une prime mais plutôt une augmentation d’une prime existante. ça nous rappelle la hausse du SMIC de Macron qui au final n’est plus vraiment une hausse du SMIC, et qui serait donnée à certaines personnes et sous certaines conditions…

Ensuite, la ministre a expliqué qu’elle a associé les partenaires sociaux pour réfléchir à cette prime. Ce qui est faux puisque l’ensemble des organisations syndicales (10 syndicats + l’AD-PA) se sont rencontrées quelques jours après et l’ont démenti.

Il faut arrêter d’enfumer les soignants à longueur de journée. Aujourd’hui, de nombreux établissements n’arrivent plus à recruter du personnel soignant, y compris des aides-soignantes qui connaissent des conditions de travail extrêmement difficiles et subissent le sous-effectif permanent. Les personnels méritent un peu plus de respect !

Au delà d’une éventuelle prime, ce qu’on voit au quotidien, sur le terrain, c’est que les aides-soignantes ont des problèmes de santé liés à leur activité, de plus en plus jeunes. Et on voit une volonté grandissante de les pousser vers la sortie en retraite pour invalidité dans le public. Et dans le privé, on voit de plus en plus de licenciements pour des raisons de santé suite aux Ordonnances Macron.

La mobilisation des EHPAD, qui a été très intéressante, est redescendue. L’intersyndicale ne nous freine-t-elle pas ? Attention de ne pas trop écouter Buzyn et de ne pas se faire endormir ! Malgré les dizaines de millions qu’ils disent avoir débloqué, sur le terrain nous ne voyons aucune amélioration sur les conditions de travail. Où est passé cet argent ? Il faudrait enclencher un nouvel acte de la mobilisation des EHPAD, ça devient urgent !

25 janvier 2019 – Buzyn ferme les hôpitaux de proximité

Ci-joint un communiqué d’une association nationale qui regroupe de très nombreux collectifs citoyens sur toute la France. Il dénonce ce que la CGT dénonce également, c’est à dire un enfumage permanent. Au plus le gouvernement et les directions nous disent on renforce les hôpitaux de proximité au plus ils les flinguent !!! Il est temps d’arrêter le massacre !!!

Buzyn ferme les hôpitaux de proximité (1)

Buzyn ferme les hôpitaux de proximité (2)


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14 décembre 2018 – Intervention de Cédric Volait lors de la commission exécutive de la fédération CGT Santé et Action Sociale des 29 et 30 novembre 2018

La santé est une marchandise

Le « pauvre » est responsable de sa pauvreté, le chômeur est responsable de son chômage, et le malade est responsable de sa maladie. C’est la philosophie qui anime les politiques libérales actuelles. C’est la philosophie qui anime les différents Plans Régionaux de Santé, mais également le Plan Ma Santé 2022 qui constitue une synthèse des différents PRS.

De plus, pour chaque réforme du système de santé depuis plus de 20 ans, la logique est la même : étrangler l’hôpital public, réduire l’offre de soins et faire de la santé une marchandise.

La réforme qui se prépare n’échappe pas à la règle en participant activement à la l’avancement d’un modèle où le financement ne serait plus basé sur le fruit du travail mais également d’un modèle qui n’est plus construit autour de l’hôpital public.
Parmi les évolutions en cours, on peut noter :
– le passage d’une solidarité nationale vers une responsabilité individuelle
– le renforcement de l’assurantiel
– le renforcement des GHT
– la polyvalence des professionnels
– une place plus importante pour la médecine libérale
– ou encore le développement des interventions à domicile

Mais au delà de ces évolutions, de très grandes transformations se préparent :
– Comme le passage d’une médecine curative collective vers une Médecine 4P (Personnalisée, Préventive, Prédictive et Participative) avec une place importante pour les nouvelles technologies (génomique, Thérapie cellulaire, nano-robotique…)

Pour la médecine 4 P, le 1er « P », c’est pour médecine prédictive : il s’agit de détecter une maladie des années avant qu’elle se déclare à l’aide d’algorithmes qui vont analyser les codes génétiques. Un test génétique coûte environ 1000 euros aujourd’hui. Le prix va considérablement baisser pour donner accès à une grande partie de la population, les règles d’accès vont également s’assouplir. Il y a un marché potentiel très juteux sur les tests génétiques. Et c’est le numérique qui va être un levier important.

2ème « P », la médecine préventive : là encore, il y a un marché juteux. On l’a vu avec Angelina Jolie qui a fait une intervention chirurgicale lourde à titre préventif (une mastectomie car elle avait un risque important de cancer). Et les défenseurs de ce type de médecine mettent souvent en avant cet exemple.

3ème « P », la médecine personnalisée : la génomique par exemple permet d’individualiser les traitements. Au delà des marchés que cela va ouvrir, il s’agit d’une autre conception : une vision individualiste de la prévention. C’est l’usager qui se prend en charge. C’est une Individualisation de la responsabilité, une vision culpabilisante notamment pour les gens en difficulté.

4ème « P », la médecine participative : elle est en lien avec les 3 premiers « P » où on va rendre davantage acteur le patient, qui sera demandeur d’informations et de tests, et qui pourra devenir donneur d’ordre pour les soins.

Cette médecine est à mettre en lien avec la multiplication énorme des données sur les patients. Ces données, ce « Big data », certains appellent cela le nouveau pétrole.
En effet, au 18ème siècle, la ressource phare, c’était l’or. Au 20ème siècle, c’était le pétrole. Dans les prochaines années, les données sur la population (et pas seulement dans le domaine de la santé) constitueront un nouvel Eldorado.

Mais ces données : qui en est propriétaire ? Où les stocke-t-on ? Quelles sont les dérives possibles ?

C’est assez effrayant, et on peut se demander si nous n’allons pas être tous traqués : les assureurs voudront savoir si nous avons eu une démarche de prévention sérieuse ou à risque et pourraient décider en fonction de plus ou moins nous rembourser. Ce ne sera bientôt plus de la science fiction.

Voilà les 4 P du marketing (Produit, Prix, Place, Promotion) sont devenus les 4 P de la santé. Pourtant, nous avons le sentiment que la santé de demain sera au contraire : Inégale, Inaccessible, Impersonnelle et Inhumaine.

Si changement de paradigme il y a, c’est pour en finir avec le service public universel et nous faire accepter une économie néo-libérale qui fait de la santé une marchandise, du directeur d’Hôpital un manager et de l’usager un client-consommateur. Ne restera plus qu’à faire de la sécurité sociale, une assurance privée et la boucle sera bouclée.

Afin de gagner en efficacité dans la défense de notre système de santé et la conquête de nouveaux droits, nos syndicats et nos militants ont besoin de comprendre tout ce qui se passe. Ils ont besoin d’analyse plus approfondies, sur le Plan Ma Santé 2022, sur les GHT, sur les mouvements de fusion en cours, sur la médecine 4P et sur toutes les transformations en cours y compris sur la formation et sur nos métiers qui sont, ou vont être, fortement impactés. Le projet fédéral en cours devra être un outil aux service de ces fortes attentes.

26 novembre 2018 – Encart Options UFMICT numéro 641

Encart Options CGT UFMICT 26 novembre 2018

Numéro spécial Droits et Libertés

Au sommaire :
Edito : Valeurs éthiques et orientations stratégiques : l’invivable paradoxe !
Page 2 : Le fonctionnaire est-il un citoyen comme un autre ?
Page 3 : La défense des collègues doit articuler moyens de droit et action collective
Pages 3-4 : Un exemple concret : la lutte contre les violences sexistes et sexuelles


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