27 novembre 2020 – Reprise de la scolarité des étudiants infirmiers – Une victoire qui en appelle d’autres

1313. Communiqué CGT Santé PACA étudiants infirmiers

De nombreux rassemblements ont eu lieu ces derniers jours dans la région (Marseille, Toulon, Nice…) comme mardi 24 novembre où 600 personnes environ se sont réunies devant le siège de l’ARS PACA (300 étudiants infirmiers et 300 CGT environ). Une délégation a été reçue par la direction de l’ARS.

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20 novembre 2020 – Intervention lors de la C.E. Fédérale du 17 novembre 2020 : « Affinons notre connaissance des besoins sur le terrain pour renforcer nos exigences en matière d’emplois » (Cédric Volait)

1311. Infirmier pas machine

Intervention lors de la Commission Exécutive Fédérale CGT Santé et Action Sociale du 17 novembre 2020 – « Affinons notre connaissance des besoins sur le terrain pour renforcer nos exigences en matière d’emplois » (Cédric Volait) :

Mutualiser la pénurie, mutualiser la misère, ne règle aucun problème particulier mais au contraire renforce fortement la fragilité et la vulnérabilité de l’ensemble du système.
Ce n’est pas de plus de regroupements, de plus de concentration, de plus de fusions dont nous avons besoin mais c’est de donner les moyens à chaque établissement de fonctionner correctement et se donner les moyens d’avoir une égalité de prise en charge sur l’ensemble du territoire quelque soit l’endroit où on habite et quelque soit le revenu qu’on a.
Ce n’est pas de plus de souplesse comme certains le demandent dont nous avons besoin (souplesse en matière de règles sanitaires, souplesse en matière de gestion des ressources humaines…). Ce n’est pas des règles dont nous avons besoin de nous affranchir mais c’est de la pénurie elle-même.
Ce dont nous avons besoin c’est de plus de régulation.
A ce sujet, les ARS ne doivent pas servir seulement à compter l’argent et les fermetures de lits quand tout va bien, et compter les morts quand tout va mal, mais elles doivent jouer un rôle central dans cette régulation.
Donc, deux problèmes majeurs :
– Un problème de moyens
– Un problème de régulation

Si on les laisse faire, ils vont complètement évacuer la question de l’embauche, qui est pourtant indispensable, et ils vont plutôt aller vers la problématique de la gouvernance et la question de la renégociation des accords locaux sur la gestion du temps de travail.

Si on les laisse faire, ils vont vouloir aller vers davantage d’autonomie pour les directions d’établissements afin d’avoir plus de souplesse :
– pour passer les marchés publics
– pour gérer les blocs opératoires et les lits de réanimation
– pour la gestion des personnels et jongler sur les horaires
– pour les glissements de tâches (afin que des infirmières puissent réaliser des missions de médecins par exemple)
Etc…

Si on les laisse faire, ils vont vouloir aller vers davantage de concentration / rationalisation :
Nous sommes sur un schéma de concentration dans un objectif d’optimisation au service lui même d’un objectif de gains de productivité. Ce schéma a des effets pervers, et on les voit de plus en plus, comme la disparition des hôpitaux de proximité ou leur très forte dégradation. La Crise Covid a montré les limites de cette concentration hospitalière où de nombreuses activités ont du être arrêtées alors qu’elles auraient pu être beaucoup mieux réparties entre les différents établissements s’ils n’avaient pas fermé autant de services et autant de lits.
Donc, la très forte concentration augmente la vulnérabilité du système.
D’où l’importance de ne pas accepter la définition de Madame Buzyn où les hôpitaux de proximité ne sont plus que des coquilles vides sans urgences, sans chirurgie, sans maternité etc…

Dans les évolutions en cours, on pourrait citer également :
– la mise en place de pôles territoriaux dans le Grand Est avec dans un second temps la volonté de suppression des directions d’établissements
– ou encore le projet de création d’un Groupement de Coopération Social et Médico-Social (GCSMS) de très grande envergure réunissant les établissements de la FPH et FPT de la région Rhône Alpes / Auvergne (soit 12 départements concernés)

Il faut arrêter de mutualiser la pénurie, il faut arrêter les politiques d’austérité dans un système de santé où les besoins augmentent. Il y a eu une série de plans pour l’hôpital (juillet 2019, novembre 2019 etc…) suite à un mouvement de protestation de fond des personnels des Urgences, puis des autres services. Il y a eu le Ségur de la Santé de juillet 2020. Ces plans sont insuffisants mais ils ont au moins le mérite de montrer que la mobilisation des personnels fait bouger les lignes.

Quand je regarde des sondages sur l’hôpital public en France l’un des principaux constats des français c’est : le manque de moyens et plus particulièrement le manque de personnels hospitaliers.

Et c’est totalement en lien avec notre campagne actuelle sur des embauches massives en mettant en avant les besoins d’emplois, les besoins de formation et la nécessité de rapidement apporter des réponses concrètes et significatives.

Est-ce que la France veut continuer de répondre à l’augmentation des besoins et d’avoir un hôpital public dont la vocation est de soigner tout le monde quelque soit où il habite et quelque soit ses revenus, et avec la même qualité ?
Et si oui, alors on doit mettre les moyens nécessaires pour y arriver.

Dans un monde où nous sommes toujours plus dans la propagande idéologique, dans les slogans, dans les discours vides et creux comme jamais on l’a été, notre force réside dans le factuel. Et c’est comme cela qu’on a réussi à obtenir des victoires, ces dernières années, ces derniers mois. Ils sont en difficulté quand on met en avant des chiffres précis sur les rémunérations, sur les conditions de travail, sur la pénibilité… C’est pourquoi sur la question des embauches, nous avons aussi besoin d’être précis.
Quand on démontre qu’en terme de salaire, nous faisons partie des derniers pays de l’OCDE, cela parle à la population. Et quand ils ferment des services d’urgence et qu’ils mettent en danger la population simplement par idéologie, là encore c’est du concret : quand un enfant arrive aux Urgences la tête ouverte, et qu’on le refuse, et qu’on lui dit d’aller à un autre hôpital à 45 minutes de voiture, c’est du concret.
Et en ce moment, l’une de nos grandes batailles, c’est sur l’emploi. Quand on regarde la France par rapport à de nombreux autres pays européens, on n’est pas bien placé en terme de ratio personnels/patients. Ils aiment bien nous parler de ratios mais uniquement quand ça les arrange. C’est un peu comme avec ce gouvernement, il aime bien la liberté d’expression mais uniquement quand ça va dans son sens.
C’est pourquoi, nous avons besoin de monter en puissance sur la campagne sur les embauches pour encore les mettre en difficulté, et encore les faire plier. Ils vont devoir nous rendre des comptes sur la question des emplois.
Après c’est à nous à faire l’effort, c’est à nous à maîtriser les sujets, car il y a de nombreux syndicats qui sont incapables de donner des chiffres précis sur les besoins d’embauches dans leur établissement.
Il faut pouvoir répondre aux questions :
Combien il manque d’emplois dans le département ?
Combien il manque d’emploi aujourd’hui sur l’établissement ?
Combien il manque d’emplois service par service ?
Mais également profession par profession ?
Et cette campagne permet de servir de support pour permettre aux syndicats d’affiner leurs revendications pour pouvoir mieux les porter.
C’est la multiplication des luttes qui fait bouger les lignes et qui fait qu’on a des discours (de politiques, d’éditorialistes, de la FHF…) qui s’inversent complètement.

Pour conclure, Jean Monnet expliquait que « Les hommes n’acceptent le changement que dans la crise ». Une situation de crise facilite une acceptation du changement par la population mais c’est vrai également pour les dirigeants. Donc, il faut renforcer notre engagement et renforcer la pression ! Le 5 décembre devra être un moment fort de cette campagne pour les embauches !

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22 octobre 2020 – Former les aides-soignants en 15 jours ? La proposition qui passe mal…

La DGOS a expliqué devant des directeurs qu’elle envisage de mettre en place une autorisation temporaire d’exercice aide-soignant pour des non-aides-soignants et que ce dispositif reposerait sur des modules de formation très courts, afin que sous quinze jours des personnels puissent disposer des bases du métier sans être préalablement passés par un institut de formation d’aides-soignants.
Pour le moment c’est seulement une intervention orale mais qui en dit long sur leurs intentions.
Après des années de suppression d’effectifs, de suppression de lits et de casse du système de santé… des AS formés en 15 jours ! Scandaleux !
Ne les laissons pas faire et maintenons la pression pour qu’ils ne sortent jamais ce projet de leur tiroir !

1302. Tract formation aides-soignantes en 15 jours

1302. Former les aides-soignantes en 15 jours p2

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30 septembre 2020 – Des renforts ? Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

1274. Ségur de la santé Christophe Prudhomme

Le billet d’humeur de la semaine

Des renforts ?

Olivier Véran en visite dans les hôpitaux de Marseille lance un appel à des personnels soignants pour venir en renfort pour accueillir les malades atteints de la COVID-19 dont le nombre augmente depuis quelques semaines. Mais pourquoi sommes-nous dans cette situation alors qu’il était prévisible qu’avec le déconfinement nous aurions besoin de lits supplémentaires. La réponse est simple : rien n’a été prévu et nous sommes revenus aux capacités hospitalières d’avant le pic de l’épidémie, voire même dans certains établissements, inférieures, du fait du manque de personnels. Le meilleur exemple est le CHU de Besançon qui annonce la fermeture de 28 lits car il n’arrive pas à recruter des infirmières.

Depuis plus d’un an, le mouvement des hospitaliers a posé comme première revendication la nécessité d’embauches massives pour soulager le travail du personnel présent, arrêter de fermer des lits et en ouvrir pour pouvoir répondre aux besoins. Pendant les quatre mois de répit que nous a laissé le coronavirus, rien n’a été fait : aucune embauche et aucune ouverture de lits en prévision de l’automne et de l’hiver, périodes habituelles de tension dans les hôpitaux depuis plusieurs années avec même le déclenchement chaque année de plans blancs locaux.

Le problème actuel n’est pas que nous ayons une « seconde vague » mais bien que nos hôpitaux ne sont pas en capacité de gérer à la fois le flux de patients habituels et les malades atteints la COVID-19 qui occupent aujourd’hui environ 20 % des lits de réanimation au niveau national. Si nous avions été entendus, au mois de mai quand nous réclamions le maintien d’un nombre de lits, notamment de réanimation, supérieur à celui du mois de février, nous ne serions pas dans cette situation de perte de confiance de la population vis-à-vis de mesures imposées autoritairement sans arguments vraiment convaincants.

Alors monsieur Véran, il va falloir changer de logiciel et écouter les personnels de terrain que vous avez refusé de recevoir lors de votre passage à Marseille, visiblement trop occupé par vos soucis de communication. Il semble plus important pour vous de parader devant les journalistes des chaînes d’information en continu, plutôt que de vous préoccuper de donner les moyens à l’hôpital de fonctionner. Il n’y a aujourd’hui qu’une seule solution face à l’urgence : il ne s’agit pas de faire appel à des « renforts » qui n’existent pas, mais de mettre en œuvre immédiatement un plan d’embauches et de formation massif.

Dr Christophe Prudhomme