23 novembre 2020 – Quelques actualités (Médico-social, social, campagne emplois, formation étudiants infirmiers, salariés vulnérables, pénibilité, libertés…)

1312. La colère des soignants ne restera pas confinée

Bonjour,
Voici quelques éléments de l’actualité de notre champ professionnel de manière non exhaustive.

1) Ci-joint le communiqué des étudiants infirmiers suite au scandale de la suspension de leur formation en région PACA : CLIQUER ICI
Non, la solution n’est pas de mettre au travail nos étudiants infirmiers ! Et non, ce ne sera pas une solution à toutes les crises sanitaires ou autre que nous traverserons. Ce bricolage, c’est retarder le problème et même en créer de nouveaux pour les prochaines années !
D’autant plus que contrairement à ce qui se dit dans la presse, les IFSI n’ont pas fait le plein. On sait qu’il y a eu de nombreuses demandes pour rentrer dans les instituts paramédicaux via le parcours sup, mais ce sont souvent des choix par défaut (3ème, 4ème, 5ème choix…). Et même s’il est vrai que les IFSI ont augmenté leur capacité d’accueil cette année, ils n’ont pas fait le plein… Et ils sont même pour certains en dessous des chiffres qui étaient les leurs les années précédentes.
Il y a véritablement un problème d’attractivité. Et c’est un élément de plus pour faire pression pour porter une amélioration des conditions de travail.
Continuons à pousser pour la création de véritables emplois !
>> Rassemblement mardi 24 novembre à 11h00 devant l’ARS PACA.


2) Ci-joint l’intervention de Cédric Volait lors de la Commission Exécutive Fédérale du 17 novembre 2020 intitulée « Affinons notre connaissance des besoins sur le terrain pour renforcer nos exigences en matière d’emplois » : CLIQUER ICI

afin d’aborder de vrais problèmes, de fausses solutions et des perspectives.
>> Le questionnaire fédéral pour des embauches va être relancée en début de semaine en donnant la possibilité de répondre en ligne.


3) Ci-joint l’intervention de Cédric Volait lors de la réunion des coordinateurs régionaux du 19 novembre 2020 : « N’opposons pas ces deux revendications mais au contraire nous devons en faire les deux piliers de notre processus revendicatif actuel » : CLIQUER ICI

sur les oubliés du Ségur et la campagne pour des embauches, en abordant aussi la manière dont ils traitent les étudiants infirmiers.


4) Ensuite, il y a une question importante et plus que jamais d’actualité c’est la question de la pénibilité.

Les personnels de notre champ professionnel font face à une pénibilité très importante. En plus des contraintes physiques (position debout, déplacements à pied, bruit), le personnel fait face aux contraintes horaires, au contact avec le public parfois difficile et au sentiment de ne pas avoir les moyens et le temps d’effectuer son travail correctement. La crise sanitaire ne fait qu’accentuer ce phénomène. Avant la crise, près de 2/3 des personnels disaient souffrir d’un manque de reconnaissance et 1/3 se disaient en situation de forte tension. Des chiffres supérieurs de plusieurs points à la moyenne nationale. Qu’en est-il aujourd’hui ? Les personnels ont tout intérêt à se mobiliser pour exiger la reconnaissance de la pénibilité par un départ anticipé en retraite pour le public et pour le privé.


5) Ci-joint une note sur les salariés vulnérables : CLIQUER ICI

suite à la publication du décret du 10 novembre 2020.


6) On parle de recul de plus en plus fort de nos libertés. C’est le cas, mais nous devons faire le lien avec ce qui se passe dans nos établissements et la place de ce qu’ils appellent le « dialogue social ».

On pourrait évoquer la suppression des CHSCT à partir du mois de décembre 2022. On pourrait évoquer les fusions d’établissements qui sont un recul énorme en termes de démocraties locales. Et on peut évoquer « Les Lignes Directrices de Gestion » (LDG) qu’ils sont en train de mettre en œuvre à marche forcée en ce moment, dans nos établissements, alors qu’ils nous disent que « nous sommes en guerre » et que la priorité c’est le virus.
Un dialogue social suppose une égalité, or là il n’y a aucune égalité, donc ce n’est pas un dialogue. Les LDG sont un nouvel outil pour nous imposer un consentement qui est une technique de management néolibéral. Donc, ne parlons plus de dialogue social puisqu’il n’existe pas. Nous proposerons très prochainement une analyse sur ce sujet.

>> Appel à la grève et à la mobilisation du secteur social et médico-social jeudi 3 décembre où nous porterons notamment la question des « oubliés » du Ségur

>> Appel à la grève et à la mobilisation interprofessionnelle samedi 5 décembre où nous porterons notamment la question de l’emploi

Bonne journée,
Et on lâche rien !

12 novembre 2020 – Il y a d’autres menaces que la pandémie… Donnons nous les moyens d’y faire face !

1306. Casse du système de santé et casse de nos libertés

Bonjour,
J’ai reçu plusieurs messages ces derniers jours me demandant de faire un point sur la situation et d’expliquer où nous en étions réellement.
Je ne nie pas la pandémie en cours que nous subissons mais je ne vais pas donner des chiffres, nous en avons déjà beaucoup et même beaucoup trop depuis le début de l’année. Ils ne sont pas tous exacts, on l’a encore vu lors de la dernière intervention du Président de la République. D’autres sont exacts mais n’ont aucun intérêt. Pourquoi donner en temps réel le nombre de contaminés et le nombre de morts du Covid ? Ou alors il faut le faire pour tous les domaines (morts au jour le jour du cancer, des maladies cardio-vasculaires, de la pollution, du fait du chômage ou de la pauvreté…) et on aurait des chiffres bien plus spectaculaires. Il faut arrêter de terroriser la population et notamment les enfants ! Il faut arrêter d’essayer de museler les personnels qui défendent leur outil de travail comme ce fut le cas la semaine dernière où des personnels se sont rassemblés pour dénoncer la fermeture des Urgences de l’Hôtel Dieu à Paris. Ils ont été piégés, ensuite nassés, puis verbalisés ! Le pouvoir en place veut faire taire toute mobilisation, toute résistance. c’est inacceptable !

>> Il y a des problématiques qui m’inquiètent plus que la Covid comme NOS LIBERTÉS qui sont en train de fondre comme neige au soleil. D’ailleurs à ce sujet, je vous invite à lire mon intervention réalisée à la CE Fédérale du 10 novembre 2020 (CLIQUER ICI) où j’ai tenu à lancer une alerte sur ce sujet majeur. Car la pire des choses serait de s’y habituer et de le banaliser.

>> Ensuite, ce qui m’inquiète fortement également c’est la casse de notre système de santé qui continue sur le terrain malgré la pandémie et malgré les annonces. C’est malhonnête car d’un côté ils terrorisent la population et d’un autre côté ils accélèrent la marchandisation et la casse des hôpitaux, de la santé et plus globalement de la protection sociale.

Il y a deux lois très nocives qui sont sorties à l’été 2019, la Loi « Ma Santé 2022″ et la Loi de transformation de la fonction publique. Les décrets d’application, leur mise en œuvre ne ralentissent pas malgré la crise, mais au contraire ils profitent de l’effet de sidération pour accélérer. Il s’agit d’accélérer la transformation de l’hôpital public en hôpital entreprise, que ce soit au travers de la structuration territoriale, au niveau de la gouvernance, ou encore au niveau du « dialogue social ». Selon les retours que j’ai eu de plusieurs Conseil de Surveillance d’hôpitaux de la région, il a même été évoqué une volonté d’accélération pour 2021. Et pour la loi sur la transformation de la Fonction Publique, c’est la même chose. On a vu le décret sorti sur le licenciement des fonctionnaires au mois de septembre, là en ce moment ils mettent la pression dans nos établissements pour faire valider des « Lignes Directrices de Gestion » (pour aligner la gestion des ressources humaines sur la gestion privée, renforcer les décisions unilatérales de l’employeur, les verrouiller pour plusieurs années et réduire toujours plus le rôle des syndicats) alors qu’ils nous disent que « nous sommes en guerre » et que la priorité c’est la Covid. C’est vraiment se moquer des personnels et de la population !

D’ailleurs, dans une période où ils sont de plus en plus stricts et exigeants avec la population sur le respect des règles, le gouvernement respecte de moins en moins la législation. Ils donnent vraiment l’image de faire ce qu’ils veulent et comme ils le veulent. On peut citer l’exemple du « Ségur » où ils décident de donner des rémunérations différentes à des personnels qui font le même travail et qui sont régis par le même statut. Ce n’est pas possible ! C’est anti-statutaire ! Il y a un statut, il faut le respecter ! Ces gens là ne respectent rien ! Il n’est pas possible d’avoir une inégalité de traitement entre le sanitaire, le médico-social et le social ! Sur ce point là nous luttons avec force depuis 4 mois et le gouvernement va bien finir par lâcher ! Et une fois qu’on aura gagné sur le public, il faudra lutter et le faire transposer dans le privé où là c’est un peu plus compliqué, éclaté car il y a de nombreuses conventions collectives (et les négociations se font convention par convention).

>> C’est pourquoi, il est important de maintenir une activité syndicale importante, car les travailleurs ont énormément besoin de nous dans cette période difficile. Ci-joint pour information une réponse que je viens de faire à un syndicat sur une question sur les tests antigéniques (CLIQUER ICI). C’est d’actualité et ça peut intéresser d’autres syndicats, militants, personnels…

Nous sommes sollicités en ce moment également par des élèves en formation (IBODE, IADE, Cadres…) qui n’ont que des injonctions sans concertation et sans information. Ils sont appelés dans des services « en renfort » et pourtant pour certains ils se retrouvent seuls alors qu’ils n’ont aucune pratique par exemple de la réanimation. Leur formation est suspendue, ils ne savent pas si ce sera une année blanche ou pas pour les formations qualifiantes. La menace d’un retard sur les formations qualifiantes est très forte dans une période où les besoins sont pourtant très importants. Là encore, nous devons continuer à mettre la pression pour ne pas les laisser faire n’importe quoi !

Il est primordial dans la période de ne pas confiner notre activité syndicale !
Quand la situation est compliquée, il ne faut surtout pas faire l’autruche et appliquer à la lettre ce que va nous demander le gouvernement !
C’est une période où presque rien n’est respectée : la règlementation sur le temps de travail, les congés, la protection des travailleurs… Il y a un rouleau compresseur qui s’est mis en place où on a l’impression que les travailleurs n’ont plus aucun droit dans la période, ils n’auraient plus que des devoirs. Et même ceux qui n’en peuvent plus ont une grosse pression pour ne pas s’arrêter.
Nous intervenons très souvent en ce moment dans le public comme dans le privé. On ne peut pas tout accepter !

Concernant ce qui s’est passé à l’Hôtel Dieu, il ne faut pas le laisser passer ! Il est urgent de riposter car c’est symbolique. S’ils donnent ce message à Paris (fermeture de lits, de service + répression) dans le plus grand hôpital de France, c’est un très mauvais signal pour toutes les régions. Il y avait une retraitée qui expliquait qu’elle a fait toutes les manifs depuis 45 ans et que c’est la première fois qu’elle se fait verbaliser. Ce n’est pas un détail… Et ce n’est pas anodin!

Du côté des personnels, on sent une réactivité et une envie de ne pas se laisser faire. Il y a des luttes qui continuent partout dans les territoires. C’est très fort ce qui s’est passé à Toulouse samedi dernier où 5000 personnes se sont rassemblées pour exiger des moyens supplémentaires pour les hôpitaux, exiger aussi une autre gestion de la crise sanitaire, et dénoncer les mesures liberticides. Le cortège a unifié également de nombreuses luttes locales.
Une réunion en visio a lieu aujourd’hui dans le Grand Ouest où les syndicats mettent en débat la coordination des luttes dans l’objectif de se renforcer, d’unifier les luttes. Nous devons suivre de très près ce qui va se passer… (CI JOINT CI-DESSOUS QUELQUES ACTUALITES DE LA REGION)

On a intérêt à continuer à faire monter la pression et à ne pas se laisser intimider car les enjeux sont importants !
Ne confinons pas les syndicats !
Déployons-nous partout !
Nous mettons à disposition des attestations pour tous les militants pour exercer leur activité syndicale.
Nous mettrons tout en œuvre pour permettre à nos syndicats de fonctionner !
Nous continuons à travailler à l’unification des luttes en cours (sur l’égalité de traitement des personnels, pour les salaires, pour des embauches massives, contre les mesures liberticides, pour les services publics, pour la protection sociale…).
Nous appuierons les dates d’action de nos syndicats et commençons à préparer la journée nationale de mobilisation du 5 décembre !

On lâche rien !
Pour la CGT,
Cédric Volait

>> 1/ Ci-joint l’intervention que j’ai réalisée lors de la CE Fédérale du 10 novembre 2020 : CLIQUER ICI

>> 2/ Ci-joint une réponse faite aujourd’hui à un syndicat sur les tests antigéniques : CLIQUER ICI

>> 3/ Ci-joint le courrier de l’USD CGT 83 à l’ARS PACA intitulé « Lettre ouverte dans le Cadre de la 2ème vague COVID 19″ : CLIQUER ICI

>> 4/ Ci-joint le communiqué CGT Hôpitaux Sud de Marseille avec le comité de soutien : CLIQUER ICI
MERCI DE SIGNER LA PETITION : CLIQUER ICI

>> 5/ Ci-joint le tract de l’USD CGT 06 intitulé « Embauchez, Formez, On est épuisés ! » : CLIQUER ICI

>> 6/ Ci-joint le courrier de l’USD CGT 04 au Ministre de la Santé intitulé « Sanitaire / Social / Médico-social – A travail égal, salaire égal ! » : CLIQUER ICI

21 octobre 2020 – Mobilisation du 15 octobre devant l’hôpital de forcalquier

« Ils étaient une centaine, syndicats, soignants de tout le département et même quelques élus (Vachères, Nibles ou encore Reillanne) à être venus au rassemblement devant l’hôpital de Forcalquier de ce jeudi organisé par la CGT afin de dénoncer le manque de moyens de l’hôpital pendant et hors crise covid-19. Si le Ségur de la santé a en partie répondu à leurs demandes c’est encore loin d’être suffisant et ils demandent outre l’amélioration des conditions de travail, des embauches et une augmentation des salaires. »
DICI TV le 15/10/2020.

POUR VOIR LA VIDEO DE DICI TV, CLIQUER CI-DESSOUS :

POUR CONSULTER L’ARTICLE DU JOURNAL LA PROVENCE, CLIQUER SUR L’IMAGE CI-DESSOUS :
1301. Article La Provence du 16 octobre 2020

6 octobre 2020 – Mobilisation massive le 15 octobre pour aller chercher ce qu’ils nous doivent et quoiqu’il en coûte

Non le Ségur n’a pas tout réglé et oui on continue de lutter !
Ce n’est pas parce que des syndicats ont signé qu’on a obtenu des avancées mais c’est parce qu’on a lutté qu’on a réussi à faire bouger les lignes ! ça n’a jamais été la qualité des négociateurs qui a fait la qualité des avancées dans notre secteur d’activité. A chaque fois, c’est quand on informe les salariés et qu’ils se mobilisent, que ça pousse fort, qu’on obtient des avancées. Et c’est ce qui s’est passé !

La CGT a coordonné pendant des mois et des mois les luttes, le mouvement de l’hôpital, et a accompagné les collectifs. Il y a des syndicats qu’on n’a pas vu ou très rarement dans nos réunions de coordination des luttes sauf pour la journée d’action nationale du 16 juin car ils se sentaient un peu obligés. Et si la CGT n’avait pas travaillé avec les collectifs à l’élargissement de la lutte, on serait resté uniquement sur les 300 euros pour les Urgences !

Le 15 octobre, on continue à lutter collectivement, dans un mouvement très large, avec plusieurs syndicats non signataires et de nombreux collectifs car le Ségur n’a pas solutionné les différents problèmes de fonds de notre secteur d’activité ! Et viendront à la journée d’action du 15 octobre toutes celles et tous ceux qui ont encore envie de lutter !

Alors oui on prend les 180 euros, on les a gagné par la lutte, mais maintenant on va aller chercher les 120 euros qu’il nous manque ! On va aller chercher l’argent pour celles et ceux qui ont été oubliés ! Et on ne veut pas se faire « enfumer » sur les primes, sur le temps de travail, sur les effectifs, sur les carrières et sur le dégel du point d’indice !

On a montré qu’on était indispensable pendant la crise ! Cet hiver, on sera encore indispensable ! Dans les années qui viennent, on le sera tout autant ! Et on ne peut pas rester avec un secteur sanitaire, médico-social et social laissé à l’abandon par le gouvernement avec des « mesurettes » qui ne répondent pas aux enjeux actuels !

A la CGT, personne n’achètera notre silence pour 183 euros dans certains domaines (mais pas dans d’autres), qui tiennent sur un fil (puisqu’ils peuvent être supprimés à tout moment au regard de leur rédaction), et en plus avec de nombreuses contreparties derrière !

Il est important de bien comprendre la situation actuelle, pour ne pas s’accommoder de ce qu’on nous donne ou en leur permettant de repousser sans cesse notre seuil de tolérance, et pour ne pas non plus s’apitoyer sur notre sort, mais pour se projeter dans l’avenir et voir comment on peut continuer à faire bouger les lignes pour imposer nos revendications immédiates et nos propositions pour les années à venir.

Alors oui, on continue ! Et on poussera encore fort le 15 octobre, dans la grève et dans la rue, lors de la manif nationale à Paris comme partout dans les territoires, pour aller chercher ce qu’ils nous doivent !

RASSEMBLEMENT JEUDI 15 OCTOBRE À 13H30 DEVANT L’HÔPITAL DE FORCALQUIER (VOIR TRACT CI-DESSOUS) !

Tract USD CGT 04 EHPAD, SSIAD, FAM, MAS, ESAT, foyers

Pour voir le tract complet : CLIQUER ICI

14 septembre 2020 – La mobilisation du 17 septembre, la crise sanitaire, BFM TV et la vraie vie

1291. Propagande médiatique

Bonjour,
Parce que rien n’a été réglé !
Parce que le compte n’y est pas au niveau des lits, des effectifs et des salaires !
Parce que nous avons besoin de moyens pour notre secteur d’activité pour répondre aux besoins !
Parce qu’on veut bien travailler, bien vivre et bien vieillir !
Le 17 septembre, toutes et tous en grève, dans la rue et dans l’action !

Pour ceux qui veulent aller plus loin, je partage une réflexion sur la situation actuelle et sur la manière dont les médias tentent de brouiller nos capacités de compréhension.

Nous vivons une époque très particulière. Une crise sanitaire majeure avec une pandémie mondiale. Un réchauffement climatique avec des risques d’extinction des espèces. La première puissance du monde avance doucement vers la guerre civile…

Nous sommes dans un monde de plus en plus incertain, fragile et hostile. Et en même temps, nous sommes dans un monde toujours plus complexe. Cette complexité comme les enjeux importants impliquent la nécessité d’avoir régulièrement du recul et de prendre le temps de comprendre les situations auxquelles nous sommes confrontées.

Et dans ce travail individuel et collectif d’analyse et de compréhension, nous ne sommes pas aidés par les principaux médias qui devraient être là pour nous donner simplement du factuel, c’est à dire les faits tels qu’ils sont, laissant à chacun la possibilité, le libre arbitre de se faire sa propre interprétation des faits. Pourtant, on ne nous donne pas les faits. Ils sont dans l’interprétation permanente, dans la propagande, dans le mot d’ordre à longueur de journée, où ils nous expliquent du matin au soir, non pas la réalité telle qu’est elle mais ce que nous devrions croire ou faire semblant de croire.

Vendredi, c’était encore le cas. Trois personnes m’ont envoyé des messages pour me dire qu’ils m’ont vu sur BFM TV, une le matin tôt, une le midi et une l’après-midi. Cela signifie que le petit moment où j’interviens a été diffusé en boucle dans la journée, et cela signifie également que des personnes qui critiquent BFM TV la regarde quand même. Mais chacun fait ce qu’il veut. Le soir, je décide de regarder en Replay le reportage vidéo qui a été diffusé.

>> Pour voir le reportage de BFM TV : CLIQUER ICI

On se rend compte qu’ils ont une commande avant de faire un reportage, et en fonction de cette commande, ils vont faire dire à la personne interrogée d’une manière ou d’une autre ce dont ils ont besoin soit en coupant une phrase ou soit en la sortant de son contexte pour aller dans le sens du message qu’ils veulent faire passer. Et c’est plutôt ce qui s’est passé ici.

A la base, une journaliste de BFM m’interroge sur la lutte de Sisteron : « On a vu que vous avez gagné à Sisteron la réouverture des Urgences, pouvez-vous nous en dire quelques mots ? ». Je leur explique la lutte et la victoire collective. On me dit que c’est très intéressant.

Ensuite, on glisse vers la crise sanitaire, où on me demande mon ressenti et comment cela se passe dans la région PACA. Je leur explique que c’est surmédiatisé et que les équipes soignantes ne vivent pas la réalité que montrent les médias à la TV. Il y a une légère augmentation mais il n’y a pas la situation d’affolement et de crise tel qu’elle est présentée.

Alors, il m’est répondu « oui, mais il y a peu de lits disponibles ». Je lui réponds « effectivement, mais il y avait déjà peu de lits avant la crise sanitaire. A été imposée une gestion quasi à flux tendus où toute situation exceptionnelle met en tension le système. En région PACA, nous avons une ARS (Agence Régionale de Santé qui a été très active ces dernières années en termes de fermetures de lits de réanimation à tel point que nous avons seulement 460 lits de réanimation pour une région de 5 millions d’habitants. Il nous faudrait réouvrir a minima 50% de lits supplémentaires, soit 230 lits de réanimation hors période Covid. Et je rajoute que le gouvernement connaissant le nombre faible de lits de réa, est paniqué dès qu’il faut hospitaliser quelques dizaines de personnes dans un grand département comme les Bouches du Rhône. Alors, ils vont nous parler des masques, des comportements à risque des jeunes, pointer du doigt des boucs émissaires, pour ne pas que la population s’intéresse aux sujets de fonds comme par exemple tous les lits qu’ils ont fermés ces dernières années mais également le manque d’effectifs et les faibles salaires. »

Donc, on me dit que c’est très intéressant, puis on me demande en cas de forte augmentation des cas de Covid dans la région, que se passerait-il avec si peu de lits de réanimation.

Alors je réponds qu’il y a plusieurs risques possibles :
– Abandonner les patients atteints d’autres pathologies que le Covid comme ce fut le cas pendant 2 mois et demi en début d’année.
– Mettre en place des critères très durs humainement comme on a pu le voir dans certaines régions où on voyait des consignes de limiter voire d’arrêter l’hospitalisation des plus de 70 ans en réa.
– Et troisièmement, c’est le risque d’être dans l’affolement et dans le bricolage permanent, comme l’a vu aussi, avec la mise en place de « lits de réa de guerre ».

Donc, j’explique tout cela. Et je regarde vendredi soir ce qui a été diffusé. Le seul moment qui a été gardé c’est celui sur les risques encourus :
– Ils ne parlent pas de la victoire collective aux Urgences de Sisteron
– Ils ne parlent pas du fait que c’est surmédiatisé et qu’il n’y a pas d’affolement dans les services
– Ils ne parlent pas du fait qu’on manquait déjà de lits de réa avant la Covid et de ceux qu’il faudrait réouvrir
– on ne parle pas de la sur-médiatisation qui est faite par les grands médias
Tout ce qui les intéresse ce sont les risques encourus par la population.

Du coup, c’est une phrase enlevée de son contexte afin d’entretenir une peur, un affolement…
D’autre part, ils me présentent dans le reportage comme « Urgentiste », sous-entendu « Médecin urgentiste » alors qu’à aucun moment, ils m’ont demandé quelle profession j’exerçais. Non ! Je ne suis pas médecin et je ne travaille pas dans un service d’urgences !

Donc, on voit bien qu’ils avaient une commande de départ, et qu’ils sont prêts à s’arranger avec la réalité afin de livrer leur commande : « Avoir un urgentiste de la région PACA qui explique que nous sommes en danger ».

C’est pourquoi, il y a besoin de prendre du recul en ces temps troubles pour essayer de comprendre la situation.

Nous avons besoin :
– Ne pas se laisser déborder, écraser par trop d’information
– Ne pas se laisser déborder par les émotions
– Ne pas se laisser paralyser par trop de sidération
– Ne pas se laisser endormir par une propagande diffusée en boucle (qui est un des outils des dictatures)
– Ne pas accepter une présentation prêt à l’emploi de gens qui ont réfléchi pour nous.
– Pour toute chose, se demander « C’est quoi le problème ? »
– Ce qui est important ce n’est pas une opinion ou un commentaire, mais c’est de trouver le problème de fond.
– Le problème de fond est rarement apparent. Donc pour le chercher et le trouver, il va falloir sortir de sa zone de confort. Ce n’est pas une histoire de vrai ou de faux, c’est une histoire de sens. Il nous faut donner du sens aux choses.
– Le problème peut se poser de différentes façons.
– Et ensuite, il permet de dépasser le constat pour envisager alors des solutions au travers de propositions concrètes.
Donc pour agir, il ne faut pas vouloir tout savoir, il ne faut pas avoir trop d’informations. Il faut cibler des savoirs, puis les approfondir, pour ensuite construire des actions.

Pour conclure, sachant qu’Il n’y a pas d’avancée sociale, sans un mouvement social capable de l’imposer, sachant que c’est à chacun de nous de prendre en main notre destin, il est important de se mobiliser afin d’imposer nos choix et notre modèle de société.

La crise du Covid ne doit pas être un accélérateur de processus de reculs sociaux ou de sidération des populations mais au contraire elle doit être un accélérateur de processus revendicatif !
La liberté n’est pas l’ennemi de notre sécurité comme les salaires ne sont l’ennemi de l’emploi !

Nous avons besoin de fêter dignement le 75ème anniversaire de la sécurité sociale dont la période actuelle en témoigne une fois de plus toute l’importance !
Nous avons besoin d’un plan de rupture avec les politiques menées ces dernières décennies !
Comme le montrent certaines victoires récentes, quand on maintient la pression sur la durée, on obtient des avancées !

C’est pourquoi, il est important de continuer à se mobiliser, pour faire avancer nos revendications, comme ce sera le cas le jeudi 17 septembre !

RDV à 10h30 place du Général de Gaulle à Digne !

Bonnes luttes !!!
Pour la CGT,
Cédric Volait

>> Ci-joint le tract de l’UD CGT 04 ainsi que celui de l’USD CGT Santé et Action Sociale 04 :

1291. Tract UD CGT 04 pour le 17 septembre 2020

1291. Tract USD CGT 04 pour le 17 septembre 2020

13 septembre 2020 – Très belle victoire collective qui doit en appeler d’autres

Bonjour,
Lors du rassemblement du 7 septembre, j’ai vu des visages plus détendus que d’habitude, ça fait plaisir et ça montre tout le chemin qui a été parcouru depuis plus d’un an.
Merci à toutes et à tous !
Je tiens à remercier très fortement toutes les personnes qui se sont mobilisées et toutes celles qui nous ont apportées leur soutien d’une manière ou d’une autre pour que les Urgences de Sisteron puissent réouvrir 24h00/24 et 7 jours/7 !
Ce qui m’a fait particulièrement plaisir durant ces longs mois, c’est de voir autant de gens déterminés au mètre carré, c’est assez rare pour le souligner !
Ce qui a été particulièrement intéressant c’est de voir œuvrer des gens très différents, ensemble, vers un même objectif, vers l’intérêt général !

Il y a une question sur laquelle il est important de s’interroger après cette lutte. Car c’est bien d’être dans l’action et d’avoir une belle victoire collective. Mais, c’est bien également d’avoir des temps de réflexions et d’analyse. Et la question qu’il faut se poser aujourd’hui c’est : Comment se fait-il qu’une proposition que nous avons faite il y a 14 mois n’était pas possible à ce moment là, et puis 14 mois après, elle devient possible et réalisable ? ça c’est une question de fond essentielle de cette lutte !

Le vrai / le faux, le bien / le mal ça n’existe pas ! Ou plutôt pour être plus précis, ça existe mais les frontières sont très malléables, elles bougent en permanence, un peu comme des plaques tectoniques, et la vérité d’un jour n’est pas celle de demain. Et une chose qui n’est pas possible un jour devient possible un autre jour.

Et on voit très bien que c’est la mise en place d’un rapport de force à un instant T qui va faire bouger ces lignes, ces frontières. Et à Sisteron, ce que nous avons réussi à faire, c’est justement de faire bouger ces frontières et à rendre possible l’impossible, à rendre réalisable l’irréalisable. Et c’est la puissance de la volonté collective qui a permis d’arriver à ce résultat là.
Car à la fois, nous avons réussi à mettre beaucoup d’intensité dès le départ, avec une très forte volonté collective. C’était le premier enjeu. Et le second enjeu, c’était de faire durer dans le temps cette intensité. Nous avions un objectif, nous nous sommes concentré uniquement sur cet objectif en mettant tout en œuvre, avec les moyens dont nous disposions, pour y arriver.

Et cette belle victoire collective doit nous faire prendre conscience de notre force, de la puissance de ce que peut engendrer la volonté d’un peuple déterminé.
Il faut que ça nous apporte de la confiance, des certitudes, des outils pour la prochaine fois où nous aurons à nous mobiliser. Car après avoir gravi une montagne, tout ce qu’on découvre c’est qu’il y en a encore beaucoup d’autres à gravir derrière.

Ils nous disaient il y a un an, qu’ils n’ont pas de baguette magique. Et on voit un an après, que ce n’est pas d’une baguette magique dont nous avions besoin mais c’est de courage et de choix politique. Maintenant que la population a très bien compris que la situation ne dépend pas de baguette magique, ils ont une épée de Damoclès sur la tête car ils seront attendus au tournant pour la suite de ce dossier ou pour d’autres problématiques similaires.

Aujourd’hui c’est la force d’un peuple déterminé qui a triomphé !
On a été là hier !
On est là aujourd’hui !
On sera là demain !
Et on lâche rien !
Merci !

Pour la CGT,
Cédric Volait

>> Ci-joint l’article de l’Humanité du 9 septembre intitulé « Sisteron retrouve ses urgences de nuit » (cliquer sur l’image pour agrandir) :
1290. Article L'Humanité Victoire Urgences de Sisteron

>> Pour voir l’article complet du journal L’Humanité : CLIQUER ICI

>> Ci-joint l’article de La Provence du 8 septembre intitulé « Réouverture des Urgences, la manifestation de la victoire » (cliquer sur l’image pour agrandir) :
1290. Article La Provence du 8 septembre 2020

>> Ci-joint l’article du Dauphiné du 9 septembre intitulé « Lundi de fête aux urgences de Sisteron » (cliquer sur l’image pour agrandir) :
1290. Article Le Dauphiné du 9 septembre 2020

>> Pour voir l’interview de DICI TV, cliquer sur ce lien :

>> Pour voir l’article du site « Rapportdeforce.fr » intitulé « Lutte victorieuse : les urgences de nuit de Sisteron rouvrent », cliquer sur ce lien :
CLIQUER ICI

5 septembre 2020 – Après 14 mois de lutte, ensemble nous avons gagné la réouverture des urgences de nuit à Sisteron

Bonjour,
Dans un contexte où les mots sont vidés de leur sens, où les paroles creuses sont devenues la norme, s’il y a bien une expression qui garde tout son sens, c’est bien : « La lutte paie ! ».

On nous parle souvent de vérité ou de faux, de bien ou de mal, de légal ou d’illégal, mais les frontières sont très malléables, bougent, en fonction des rapports de force du moment. Oui, c’est le rapport de force qui fait la différence !

Rien n’est jamais acquis et rien n’est jamais perdu. Notre détermination, notre volonté est comme un fleuve qui fait avancer le bateau de nos revendications et de nos choix de société.

En approfondissant les sujets, on se rend compte que le débat se situe ailleurs qu’entre le vrai et le faux. Le débat, est dans le sens qu’on va donner aux choses et notamment dans le sens que nous y donnerons collectivement.

Il y a une lutte qui dure depuis 14 mois, c’est celle pour exiger la réouverture du service des Urgences de nuit à Sisteron. Tous les lundis soir s’organise une mobilisation syndicale et citoyenne à Sisteron (hormis la période du confinement du 16 mars au 11 mai). Ce qui correspond à plus de 50 rassemblements en 14 mois.

Alors, certes ça n’a pas été facile, parfois contraignant, mais c’est une lutte à laquelle nous avons donné du sens depuis le départ et c’est pourquoi de nombreuses personnes s’y sont retrouvées. Dès le début, nous avons véhiculée un discours positif et déterminé en expliquant que la puissance de la volonté peut faire bouger n’importe quelle ligne.

Dès le départ, les représentants de l’Etat, l’ARS, les députés… n’ont pas été à l’aise avec cette problématique, et au plus le mouvement a duré, au plus cette gêne a pris de l’importance. Mais leur stratégie de jouer la carte du pourrissement n’a pas marché et s’est même retournée contre eux.

Et après 14 mois de fermeture des Urgences de nuit à Sisteron, jeudi 3 septembre, a été enfin annoncée leur réouverture pour lundi 7 septembre.

C’est une belle victoire collective !
Et c’est une belle victoire pour toutes les valeurs et les revendications que nous portons !

Dès demain, un autre combat commencera, ce sera de maintenir la pression afin que la situation des Urgences soit pérennisée, plus globalement afin que la situation de l’hôpital soit pérennisée dans son ensemble, et encore plus globalement sur la question des services publics en zone rurale. Donc, le combat continue car les problèmes de fond ne sont pas réglés !

Qu’ils arrêtent de dynamiter nos hôpitaux, nos EHPAD, nos services publics, et qu’ils se mettent enfin à les dynamiser ! Et on leur rappellera chaque fois que c’est nécessaire !

Lundi soir, nous allons organiser un grand rassemblement festif devant les urgences de Sisteron pour prendre le temps de remercier toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés avec détermination. RDV lundi 7 septembre à 19h00 devant les Urgences de Sisteron !

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé d’une manière ou d’une autre à cette victoire !
On lâche rien !

>> Ci-dessous le tract appelant à se retrouver le lundi 7 septembre à 19h00 à Sisteron :
1288. Victoire Réouverture des Urgences la nuit de Sisteron

>> Pour consulter l’article du journal La Provence du 3 septembre « Dynamiser et non pas dynamiter l’hôpital », annonçant la réouverture des urgences de nuit, cliquer sur ce lien : CLIQUER ICI

>> Pour consulter l’article de Médiapart du 1er septembre « Le Tour passe à Sisteron, où la fermeture des urgences ne passe pas », cliquer sur ce lien : CLIQUER ICI

>> Ci-dessous l’article du journal La Provence du 1er septembre suite au rassemblement de la veille lors du passage du Tour de France à Sisteron :
Article La Provence du 1er septembre 2020

>> Pour voir la vidéo de DICI TV du 31 août 2020, cliquer sur sur l’image cidessous :

>> Pour écouter l’interview audio diffusé dans le journal du matin du 1er septembre sur la radio France Bleu Provence : CLIQUER ICI