7 janvier 2020 – Rapport d’actualité de la Commission Exécutive du Syndicat CGT de l’hôpital de Manosque du 7 janvier 2020

1331. Actualité vaccin Covid Labo

Rapport d’actualité de la Commission Exécutive du Syndicat CGT de l’hôpital de Manosque du 7 janvier 2020 :

Après la question des masques, puis celle des tests, le gouvernement n’est pas plus performant sur celle de la vaccination.
Alors que nous avons un pouvoir centralisé et vertical, en début de semaine nous avons une déclaration du Président de la République qui joue le père fouettard et qui explique que ses hommes n’ont pas bien travaillé. Pourtant c’est lui qui dirige. C’est lui qui fixe les orientations. Tout se décide à l’Elysée.

Sur les vaccins, il y a une défiance importante et légitime de la population. Défiance qui est alimentée par rapport à ce qui s’est passé ces dernières décennies (vaccin contre l’Hépatite B, le vaccin Bachelot, le problème de l’aluminium etc…) et l’attitude des laboratoires pharmaceutiques qui ont eu une démarche agressive, à visée commerciale auprès du grand public pour imposer l’adoption et l’autorisation de mise sur le marché de leur vaccin avant même d’avoir publié les résultats sur les effets secondaires qui intéressent pourtant particulièrement les populations. Heureusement, les résultats sur les effets secondaires sont plutôt rassurants mais la démarche est quand même condamnable et alimente la suspicion vis à vis du vaccin.

Maintenant, le problème concernant le vaccin est de deux ordres :

Nous sommes toujours confrontés à une technostructure médico-administrative (médecins en position de pouvoir et l’administration) qui impose sans aucun débat des stratégies qui nécessiteraient débats.
Les procédures mises en place sont complètement délirantes. Les médecins reçoivent des documents de 50 pages pour leur expliquer comment ils doivent vacciner. Pourtant le problème aujourd’hui n’est pas de savoir comment il faut vacciner mais c’est de faire en sorte que les vaccins arrivent au bon endroit, au bon moment.

Ensuite sur la question de l’acceptation du vaccin, on a échappé heureusement à l’obligation vaccinale. Donc, vaccinons celles et ceux qui le souhaitent ! Et ouvrons le débat : pourquoi avoir focaliser la priorité sur les EHPAD ? Alors que le rapport bénéfice / risque montre que ce n’est pas forcément dans les EHPAD qu’il est le plus évident. D’autant que se posent des problèmes de consentement quand nous sommes devant des patients avec une altération majeure des fonctions supérieures.

On sait aujourd’hui que 90% de la mortalité se situe chez les plus de 65 ans. Donc, il faut viser tous les plus de 65 ans qui souhaitent se faire vacciner. Sous la pression, les lignes commencent à bouger puisque le Ministre vient d’inclure les professionnels de plus de 50 ans sauf que ce sont pour le moment des effets d’annonce puisque sur le terrain c’est beaucoup plus compliqué.

Nous sommes la risée du monde entier puisque quand certains pays comptent le nombre de vaccinés en millions, ils se comptent en centaines en France. Nous sommes très en retard !
Le problème politique de fond : nous manquons de vaccins. De notre côté, alors que la France n’utilise pas encore ceux à sa disposition, les pays ayant commencé des campagnes de vaccination massive sont inquiets sur leur capacité à pouvoir poursuivre leur campagne par manque de vaccin.

Nous avons inondé les laboratoires pharmaceutiques de précommandes et de milliards d’euros sans aucune contre parties. Ils conservent les brevets, ils choisissent les sociétés qui peuvent produire les vaccins… Ils sont donc dans une logique de maintenir une situation de pénurie selon le bon principe capitaliste « tout ce qui est rare est cher ».
Pourtant lorsque nous sommes face à un problème de santé majeur, comme celui-ci, il serait nécessaire de faire sauter le droit sur les brevets, et la préoccupation des gouvernements devraient se porter sur la sécurité et la qualité de la production.
Certains pays d’ailleurs contournent la difficulté en se passant des vaccins de Pfizer et Moderna qui sont beaucoup trop chers et beaucoup trop compliqués à produire, et se tournent vers le vaccin Astrazeneca qui permet la vaccination de masse au moindre coût puisque c’est un vaccin classique.
On ne peut pas laisser les brevets dans les mains de quelques grands groupes qui espèrent dans l’année toucher le Jackpot en ayant utiliser très largement les fonds d’Etat pour assurer la recherche et la mise au point de ses vaccins.

Concernant la France, le chiffre annoncé par le gouvernement de 13 millions de vaccinés pour le mois de juin sera très difficilement atteignable car le nombre de doses ne devrait pas être livré à temps. Et il commence à y avoir une concurrence effrénée y compris des marchés noirs qui se développent.
Et tout cela ne fait qu’alimenter la suspicion contre le vaccin. D’autant qu’en France, nous avons environ 60% de la population qui n’est pas prête à se faire vacciner sans explication et qui n’a pas confiance au gouvernement.

Le vaccin est une arme mais il ne reste qu’une arme.

Au delà du vaccin, c’est un problème de confiance sur la stratégie globale contre le virus, et encore plus globalement sur les perspectives pour la population et notamment pour les jeunes.

Vaccin ou pas vaccin, on aura besoin d’hospitaliser les patients dans les mois et les années qui viennent et on n’a toujours pas les capacités hospitalières pour pouvoir gérer l’afflux de patients du Covid sans laisser de côté les autres. Et notre système de santé n’est pas capable de gérer une crise sanitaire d’intensité moyenne avec quelques dizaines de milliers de patients. Et rien n’est fait pour augmenter les capacités hospitalières !
Dans la région, dans le département voisin, Un chef de service de réanimation au CH de Salon de Provence disait ces derniers jours que oui, ils avaient ouverts des lits supplémentaires mais en diminuant l’activité chirurgicale, qu’il n’avait aucune garantie sur le fait qu’il pourrait garder ces lits si l’épidémie baissait d’intensité, et qu’il était confronté à une Agence Régionale de Santé qui avait validé un Plan Régional de Santé (PRS) qui prévoit toujours la fermeture de 7 services de réanimation dans la région PACA. Et il était vert de rage !

C’est pourquoi, il nous faut continuer à nous mobiliser !
Continuer à mener la bataille autour de l’emploi pour pouvoir ouvrir des lits et mettre notre système de santé en capacité de répondre aux besoins de la population ! Que ce soient des besoins quotidiens, occasionnels ou exceptionnels !
Il faut à la fois des hôpitaux qui fonctionnent avec des capacités d’hospitalisation !
Il faut une industrie pharmaceutique qui ne soit pas dans les mains des capitalistes qui ne pensent qu’au retour sur investissement !
Et puis, il faut surtout des gouvernements qui soient en capacité de jouer leur rôle, c’est à dire de fournir et d’assurer la fourniture du matériel dont ont besoin les professionnels de santé pour pouvoir gérer ces périodes un peu compliquées !
Nous sommes dans une année qui s’annonce avec une nécessité de lutte avec pour commencer très prochainement une manif régionale à l’appel de la CGT Santé et Action Sociale PACA prévu le jeudi 21 janvier à 11h00 à Marseille !